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Est il risqué d’obtenir un taux cellulaire « trop bas » ?

Michel Vagneur |  26 Décembre 2018 | 

L’abaissement des taux cellulaires élevés est une nécessité. A l’inverse, la question se pose de savoir si des comptages de cellules somatiques (CCS) trop bas, par exemple 100 000 cellules par ml ou moins, seraient à l’origine d’une plus grande sensibilité des animaux vis-à-vis des mammites d’environnement. Un article récent d’une équipe française permet d’y voir plus clair.

Rappelons d’abord que le taux cellulaire d’une mamelle non infectée, donc un lait sain, contient 20 à 50 000 cellules/ml. A partir de 100 000 cellules, on considère qu’il y a inflammation et donc infection.
Les analyses bactériologiques des mammites montrent que dans les troupeaux à CCS élevé, il est retrouvé des Streptococcus et des Staphylococcus, alors que dans les troupeaux à CCS bas, ce sont des coliformes.

Les études montrent qu’il n’y a pas forcément plus de mammites cliniques dans les troupeaux à CCS bas. Une des hypothèses est que les cellules du lait chez les vaches à CCS bas sont des macrophages et des lymphocytes ayant un rôle de sentinelle (cellules immunitaires résidentes). Les cellules épithéliales mammaires sont également équipées pour détecter les bactéries.

Ce qui importe vraiment, c’est donc la capacité de recrutement rapide de leucocytes. Elle permet aux animaux de juguler rapidement les nouvelles infections et non pas la concentration cellulaire de base.
Des études récentes sur brebis, confirmées chez la vache, montrent que les animaux à CCS bas contrôlent mieux les infections que ceux à CCS haut en mobilisant plus efficacement leur système immunitaire.
En conclusion, et à condition de respecter l'hygiène - en particulier pour prévenir les mammites d'environnement - et l'ensemble des procédures de contrôle de la qualité du lait, il n’y a pas de taux cellulaire « trop bas ».

Pour en savoir plus
> Publication. Rainard, Foucras, Boichard, et Rupp. 2018. Invited review: Low milk somatic cell count and susceptibility to mastitis. J. Dairy Sci. 101:1–12.

> Lire l'article "Quels enjeux économiques et sanitaires avec des taux cellulaires élevés",article de Michel Vagneur, paru dans PLM de décembre 2018, pp 34-35. Article à retrouver via les archives du PLM numérique (Accès réservé aux abonnés)

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