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Face à une pathologie, quel budget vous fixez vous ?

AV |  10 Avril 2019 | 

Comment raisonner son investissement santé ? La question est assez simple, une fois que l’on dispose de trois informations :
- d’une part, la prévalence des pathologies dans son troupeau : quels pourcentages de mammites, boiteries, métrites, par exemple ? Ce qui implique de bien noter.
• d’autre part, pour une pathologie donnée, combien ça coûte ?
• enfin, quel est mon objectif réaliste ?

Il en découle un gain potentiel, à comparer au budget que vous êtes prêt à mettre en face, pour y arriver. On peut imaginer la réflexion inverse : « j’ai un budget : sur quoi, je vais le consacrer en priorité ? »

Au congrès de Wageningen, c’est John Fetrow, venu de l’université du Minnesota, qui a rappelé la méthode. Le b.a.-ba étant de bien calculer le différentiel entre la situation du troupeau et l’objectif.

Un exemple sur 100 vaches
Prenons l’exemple de la santé mammaire. Si vous êtes à 30 % de mammites actuellement, il va être difficile de tomber à moins de 2 % en claquant des doigts. En attendant, chaque mammite vous coûte 264 €. L’objectif est d’être le plus bas possible, naturellement, mais le raisonnable est de procéder par étapes. Si l’élevage se situe à 30 % de mammites par an, l’objectif réaliste sera, par exemple, de descendre à 10 %, soit une mammite seulement pour dix vaches. A l’échelle d’un troupeau de 100 laitières, la différence entre le coût actuel des mammites et l’objectif est de 5 272 €. Et donc, autant d’argent que vous pouvez investir : davantage de litière, un produit d’hygiène plus technique, un meilleur protocole de traite...

Pour certaines pathologies, l’évaluation du coût est complexe. C’est une affaire de définition (cétose…) et/ou d’appréciation.
Pour la pneumonie, par exemple, les diagnostics sont parfois aléatoires. Pour les boiteries, il faut s’astreindre à passer en revue le troupeau et noter les boiteuses.
D’autre part, le coût d’une maladie est donné à titre indicatif. Les chiffres peuvent être discutés. Dans le calcul, John Fetrow conseille de prendre en compte le coût du traitement et de la main-d’oeuvre, ainsi que les pertes (lait jeté, baisse de production...). D’ailleurs, le coût d’une pathologie augmente concomitamment au prix du lait, car le coût du lait jeté et non produit devient plus important.

Pour faire vos calculs, des tableurs Excel sont disponibles. John conseille celui du Dr Chuck Guard : « Il est assez pratique et représentatif. » Il est disponible, traduit en français, dans la rubrique « téléchargement » sur www.plm-magazine.com en cliquant ICI
Les chiffres sont laissés en dollars. A ajuster, convertir, au cas par cas.

Vous pouvez travailler cette question avec votre vétérinaire.