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Feriez-vous un bon éleveur de génisses ?

28 Mai 2018 | 


Nicolas Lair est responsable du groupement sarthois Gess et directeur du service DéleGénisse qui 
se développe dans le grand-ouest. Ce groupement d’éleveurs indépendants fédère 23 naisseurs et neuf éleveurs de génisses, sur la Sarthe. Interview.

PLM - Vous manquez plutôt de naisseurs ou d’éleveurs de génisses ?
Nicolas Lair - A l’heure actuelle, nous recherchons des éleveurs de génisses. Des naisseurs nous contactent, mais nous ne pouvons pas répondre à leurs demandes.
Nous avons sondé les éleveurs qui souhaitent déléguer leurs génisses. Voici les motivations qui ressortent :
• 35 % ont l’objectif d’alléger la charge de travail et/ou de se ré-organiser. Au même titre que la délégation des cultures, il y a une prise de conscience « que l’on ne peut pas tout faire. »
• 20 % nous disent qu’ils ont la volonté de « se spécialiser en lait », souvent en lien avec l’opportunité d’augmenter l’effectif.
• 5 % calculent que faire élever leur coûtera « moins cher ».
• 5 % recherchent une réponse à des contraintes environnementales.
Nous recherchons également des éleveurs de génisses Bio sur la zone Seenovia.

Pour faire un bon éleveur de génisses, 
quels sont les pré-requis ?
Etre animalier, vraiment. Avoir des bâtiments existants que l’on peut réaménager. Des surfaces en herbe à valoriser. Une certaine rigueur, de l’implication.
Il faut atteindre les 200 kg à six mois. Ne pas avoir peur d’investir sur la phase arrivée - 6 mois. Les économies se font après, par le pâturage et la qualité des fourrages amenés à l’auge. Tout se joue avant six mois : cela se confirme.

Vous conseillez de peser souvent ?
Plus l’éleveur pèse, plus il est réactif dans la conduite technique, alimentaire et économique. Avec une pesée tous les mois, on peut vraiment piloter.

On peut démarrer avec combien de génisses ?
Cela nous arrive de démarrer des ateliers de 25 à 30 génisses. Il n’y a pas de seuil mini. C’est plutôt d’avoir le bon profil qui compte.
On aime bien que l’éleveur de génisses n’ait pas de lait à côté, pour des raisons sanitaires. On retrouve, plutôt des gens qui font du hors-sol en parallèle, à l’exemple des éleveurs de génisses sarthois qui ont tous du poulet de Loué.

On pourrait en vivre exclusivement ?
Oui, mais il faudrait viser 150 génisses élevées par an, autrement dit 300 sur site.

Main d’oeuvre et rentabilité. Quels sont les repères ?
450 à 500 euros de marge brute par génisse. Sachant que nous indexons le prix de revente de l’amouillante sur la moyenne triennale de la marge brute lait.
18 heures de travail par génisse produite, en comptant la collecte des génisses, la gestion et la récolte de la surface fourragère. Tout compris.

Qui assure l’arrivée et le départ des génisses ?
C’est l’éleveur de génisses qui fait le déplacement. Nous organisons les lots, il reçoit un listing. Il part avec une remorque ou sa moutonnière.
Le naisseur vient récupérer sa génisse. En moyenne, 60 jours avant vêlage La facturation se gère d’adhérent à adhérent et l’acompte aussi.

Quelles sont les obligations du naisseur ?
Le naisseur s’engage sur un nombre de génisses. Il s’engage à les reprendre toutes. Sauf, en cas de vêlage à plus de trente mois.
Les éleveurs de génisses sont motivés : le prix de reprise est fixe qu’elle vêle à 22 ou 30 mois. Cela implique une bonne croissance et une bonne repro.

Quelles sont les garanties apportées 
par le service DéleGénisse ?
Le suivi technique : on passe au minimum quatre fois par an. La logistique : on assure l’allotement et l’éleveur dispose de l’outil en ligne Webgénisse pour le suivi de croissance et de repro. Nous veillons au respect du contrat. Nous gérons un groupement d’achats.

Les garanties sanitaires ?
Nous déléguons la gestion du sanitaire au Groupement de Défense Sanitaire (GDS) de chaque département.
Avant toute adhésion, le GDS vient auditer l’élevage, naisseur ou futur éleveur de génisses. A l’issue de la visite, nous recevons un avis favorable ou non.
Chez les naisseurs le dépistage des IPI est obligatoire.
Chez les éleveurs de génisses, la vaccination BVD est obligatoire. Autres impératifs : une saison à l’herbe, vermifugation, administration d’un aimant.

Vous insistez beaucoup sur les valeurs des adhérents.
Nos adhérents ont exprimé leurs souhaits : une démarche de qualité ; un cadre technique, sanitaire et financier. Cela sous-entend :
• d’apporter du service, de la technicité, des performances.
• de faire évoluer techniquement le collectif d’adhérent. Un cadre transposable. L’optimisation du travail. Des innovations. Du lien entre adhérents.
• De l’équité, de la confiance. La mutualisation du risque. Un service gagnant gagnant.

50 ans d’expérience dans le service génisses

DéleGénisse. C’est le nom du service proposé historiquement par l’organisme de conseils Clasel (Sarthe, Mayenne). La marque est commune à Eilyps (Ille-et-Vilaine).
Le service est proposé aujourd’hui sur plusieurs de départements (72, 53, 44, 49, 85, 17). « Nous comptons le déployer sur l'ensemble de la zone du groupe Seenergi et nous pouvons aussi accompagner des entreprises qui en formuleraient la demande » explique Nicolas Lair, à la fois responsable technique du Gess et responsable du service DéleGénisse sur la zone Seenovia (11 éleveurs de génisses pour 24 naisseurs actuellement).

Interview extraite du Grand reportage « Les bonnes idées des éleveurs de génisses » paru dans PLM de mai 2018. A retrouver via les archives du PLM numérique. (Accès réservé aux abonnés PLM)

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