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N°392 Juillet-Août 2008


 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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Une invasion de verrues sur les trayons


« Docteur, mes génisses sont pleines de verrues ! » Les explications et les conseils du Dr vétérinaire Ellen Schmitt (1).

s verrues sont le résultat d'une infection virale. Le virus en cause s'appelle « papilloma ». On distingue six souches de papilloma, dont trois (les types 1, 5 et 6) provoquent des verrues sur les trayons :
– Le virus de type 1 donne ces verrues disgracieuses et parfois volumineuses en choux-fleurs (photos a et b) ;
– Le virus de type 5 laisse apparaître une peau constellée de petits points comme des grains de riz (photo b) ;
– Le virus de type 6 n'est pas encore identifié en Europe.

Le virus papilloma a besoin d'une porte d'entrée : toutes les conditions sont réunies, lorsque la peau des trayons est abîmée et l'immunité réduite… Voici une liste non exhaustive des facteurs de risque :
– génisses qui se tètent,
– blessures occasionnées par un fil barbelé,
– herbes dures,
– gerçures,
– frottement par boue séchée,
– mouches piqueuses…

Certains animaux sont plus sensibles que d'autres, de par leur génétique ou leur stade physiologique. Au dernier mois de gestation, on le sait, l'immunité diminue. A d'autres moments, ce sont des erreurs qui vont affecter les défenses naturelles de la génisse prédisposant au développement des virus et des verrues. D'autant plus sur des génisses à vêlage précoce. Alors attention :
– aux carences en oligo-éléments et minéraux. Problème majeur et fréquent ;
– aux rations déséquilibrées (énergie, protéines et structure). En cas de rupture de stock, ce sont souvent les génisses qui en sont privées en premier. De l'ensilage d'herbe en plat unique ne leur suffit pas.

La prolifération des verrues témoigne d'une baisse d'immunité (au même titre que de la teigne ou un poil piqué). Elles peuvent donc être à la fois un indicateur et la conséquence de maladies latentes et d'autres soucis : parasitisme, BVD, IBR, coccidiose… Demandez conseil à votre vétérinaire.
En prévention, il est important d'agir sur tous les tableaux pour contrer les facteurs de risque. C'est-à-dire :
– isoler toute génisse qui développe des verrues. La maladie n'est pas dangereuse, mais elle est très contagieuse ;
– préserver l'intégrité des trayons. Il suffit parfois de quelques anti-têtes…
– garantir une ration équilibrée et adaptée au stade de croissance,
– penser aux bolus, pour un apport d'oligo-éléments et minéraux réguliers. Encore faut-il choisir le bon, en qualité et composition. Tous ne se valent pas. Demandez conseil.

Les verrues sont le résultat d'une infection virale. Le virus en cause s'appelle « papilloma ».


En curatif, on peut faire de la magnésie : injections à deux semaines d'intervalle ou bien bolus à diffusion programmée. Les traitements à base de thuya donnent également de bons résultats.

Lorsque toutes les mamelles des génisses sont couvertes de verrues ( Ndlr : comme sur l'élevage en question), le Dr Ellen Schmitt conseille « d'administrer un bolus de magnésie à toutes les génisses, puis de pratiquer un traitement homéopathique sur celles qui ne se guérissent pas » . Cela a un coût, mais moins qu'une génisse que l'on ne peut pas traire… Dans certains cas, une intervention chirurgicale est envisageable, pour rendre le trayon fonctionnel à la traite. M. J.

(1) Vétérinaire praticien en Mayenne.


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