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N°396 Décembre 2008


 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

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Renouer après un clash

L'avis du Dr gérard Apfeldorfer, pour repartir sur de bonnes bases...

 

PLM – Un lourd silesnce s’est installé. Nous sommes au lendemain d’un clash entre deux associés… Le premier pas ? Personne ne veut le faire, car chacun s’estime victime de l’autre. Comment débloquer la situation ?


Dr Gérard Apfeldorfer
– Une seule question se pose : « Ai-je envie que les choses s’arrangent ? » Si la réponse est oui, la première démarche est de tenter une « offre d’ouverture », un geste désintéressé signe de bonne volonté. Rien n’est plus efficace qu’un petit cadeau pour cela. Les deux associés sont à l’image de deux pays en guerre cherchant la réconciliation : les diplomates arrivent les bras chargés de présents… « Voilà ce que je vous donne, avant même d’entrer dans les négociations. »

Seul mot d’ordre : faire plaisir à son associé. L’objet ne doit, en aucun cas, avoir de rapport avec le cœur du conflit : comme dit précédemment, le cadeau est désintéressé. (Ndlr : Votre associé est un grand collectionneur de porte-clés, de briquets ? Vous savez comment lui faire plaisir…) La situation est d’autant plus délicate que ce cadeau doit être choisi et donné avec tact. (Ndrl : il pourrait s’agir d’un agenda ou d’un stylo que l’on a eu en double ; d’une place soudainement disponible pour le prochain match de foot… Il pourrait s’agir d’un petit service, pourquoi pas : « un coup de main pour dépanner la voiture ; un détour pour aller chercher la grand-mère…» Parfois, il suffit même d’un geste : un signe de la main, un salut amical (même de loin), pour esquisser ce premier pas). La manière d’offrir est plus importante que le cadeau lui-même. En acceptant ce petit présent, ce geste ; ce service, votre associé sera dans la position d’accomplir, à son tour, un petit geste.

Lequel des deux associés doit faire le premier pas ?

Savoir qui doit agir le premier est un faux problème : après un clash, chacun croit avoir raison. Et personne ne veut se lancer. C’est une erreur : l’associé qui ose prend alors un avantage considérable. Il fait preuve de bon sens et de générosité avant tout.
Mais, pas de précipitation. Il faut que les esprits se calment. La raison doit prendre le pas sur l’émotion. Pour reprendre l’image de la diplomatie internationale, les pays concernés ne dépêchent que des personnes calmes et pondérées, qui discuteront de façon détachée. Le premier pas, c’est seulement quand on se sent prêt à laisser sa colère de côté.

Croyez-vous que l’action d’un médiateur soit profitable ?

Si les associés n’arrivent pas à dépasser leurs émotions, un médiateur peut être utile. Encore faut-il bien le choisir : il doit connaître les associés, mais ne pas être impliqué, de près ou de loin, dans les raisons du clash.


Et, si les associés en sont venus aux mains ?


La situation n’est guère différente. D’autant que la violence verbale est parfois plus blessante que la violence physique. La procédure de réconciliation est identique. La négociation sera possible au moment où chacun s’apercevra qu’il a plus à gagner en faisant la paix.


Pourquoi est-il si difficile de s’excuser ?


Formuler des excuses ; cela revient à reconnaître ses torts. S’enfermer dans « j’ai raison, l’autre a forcément tort » révèle une certaine faiblesse d’esprit. S’excuser est souvent perçu comme un acte dégradant, or c’est une force. Cela revient à dire « je suis une personne pleine de qualités, mais j’ai aussi des torts et je les reconnais. »

Comment éviter la prochaine altercation ?

Les recommandations sont toujours simples à dire et difficiles à suivre ! Avant de prendre la parole ou d’agir, il faut se demander « comment mon associé va-t-il le percevoir ? » C’est une vision stratégique des relations humaines : suffisamment connaître l’autre, son point de vue et sa position, pour savoir quel comportement adopter.


Julie Colin et Amélie Mauvais


Le Dr Gérard Apfeldorfer, auteur des « Relations durables »

Médecin psychiatre et écrivain français, Gérard Apfeldorfer est né en 1948 à Lyon. Spécialiste reconnu des troubles du comportement alimentaire et des problèmes liés aux difficultés relationnelles, il est l’auteur de nombreux écrits scientifiques. Cette année, il a publié un ouvrage intitulé « Les relations durables : amoureuses, amicales et professionnelles » chez Odile Jacob. Dans cet ouvrage, il dénonce les idées fausses que nous entretenons sur les relations humaines. Il définit le bon usage, au quotidien, les fondements élémentaires de la relation humaine.

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