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Sommaire du dernier PLM

 



N°396 Décembre 2008


 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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A 20 ou 90 km/h, en route pour la ration mélangée

Une Cuma automotrice à 4 adhérents. Un camion mélangeur pour 70 clients. Ils testent de nouvelles organisations.

La Cuma mélangeuse « de la Flume » compte quatre adhérents. Elle parcourt sept kilomètres par jour. Vitesse de pointe : 27 km/h. C’est peut-être la plus petite Cuma mélangeuse de France. Nous sommes ici à Gévezé en Ille-et-Vilaine.
A l’origine du projet, quatre éleveurs, installés en structure individuelle : Philippe Trubert, Michel Bébin, François Trubert et Dominique Loret. Au total : 1 600 000 litres de lait et 450 animaux à nourrir. L’organisation semble bien rôdée.
Bien entendu, une telle entreprise ne se décide pas du jour au lendemain. Le premier essai remonte à huit ans. « Durant dix jours, nous avons eu une mélangeuse en démonstration. Nous avons tenté l’expérience avec un groupe d’une dizaine d’éleveurs », explique l’un des adhérents de la Cuma. Mais, le projet a tourné court, faute d’une réelle motivation collective. « Le groupe n’était pas assez mûr. »

Quatre ans plus tard, rebelotte. Un groupe d’éleveurs retente le pari. Cette fois, ils sont quatre. Quatre éleveurs motivés qui ont décidé de se lancer.

L’idéal : une tournée pour 3 millions de l.

C’est donc en mars 2001 que la mélangeuse effectue sa première tournée pour de « vrai », avec au volant Eric Lemétayer. Agé de 26 ans, Eric est salarié sur l’exploitation de ses parents. Ce travail à mi-temps lui convient bien. « Du lundi au vendredi, la tournée débute vers 8 h. Il faut deux à trois heures pour faire le tour des quatre exploitations. » Repos oblige : le samedi, le chauffeur désile l’après-midi pour tout le week-end. (voir PLM de décembre 2004).
Lorsque la machine ne tourne pas, elle stationne chez Dominique Loret. Entrepreneur agricole, c’est sur son exploitation que le chauffeur effectue l’entretien de la mélangeuse. A la Cuma, chaque éleveur apporte sa contribution. François Trubert, la trésorie ; Michel Bébin, le stockage du fuel ; Philippe Trubert, l’entretien. Tous mettent la main à la pâte. « Quand le salarié s’absente une semaine, un de nous le remplace. Nous travaillons avec « une banque de travail ». Ainsi, les heures sont comptabilisées puis équilibrées. »

Un seul regret. La Cuma et la mélangeuse restent en sous capacité. « Nous sommes prêts à accueillir d’autres adhérents », soulignent les quatre premiers. « L’idéal serait d’atteindre les trois millions de litres avec une tournée de 10-12 km maximum. »

Un manque de main-d’œuvre, un tracteur à changer, des difficultés de remplacement…, les arguments ne manquent pas en faveur de la Cuma automotrice. « Si un groupe d’éleveurs se présente, on est prêt à l’accueillir. » En ce début d’année, le message est lancé. La Cuma « mélangeuse » restera-t-elle la plus petite de France ?


Un camion mélangeur pour 70 clients. Ce n’est plus une mélangeuse automotrice, c’est un véritable camion mélangeur. Depuis six mois, il sillonne les routes des Pyrénées-Atlantiques et départements limitrophes, à l’initiative de Sanders Adour. Ce fabricant d’aliment se propose d’intervenir à domicile, pour préparer les rations mélangées.
Installé à Lussagnet, Michel Laborde est le premier éleveur client. Depuis le 20 juillet, tous les matins, le camion passe chez lui. 20 minutes plus tard, la ration « totale mélangée » est servie. « Mon seul travail se limite à reculer la bâche du silo. Avant, je distribuais deux fois par jour. »

10 € la tonne

Ce service a un coût : « 10e la tonne de ration mélangée (1) ». Mais, l’éleveur juge qu’il s’y retrouve « comparé aux prix et aux coûts d’entretien d’un bol mélangeur et de son tracteur équipé d’un chargeur. »

Ce service de mélange à domicile est une réponse aux coopératives espagnoles qui livrent des rations « sèches » des deux côtés des Pyrénées. Pour Sanders Adour, c’est un pari : « Celui de prendre des parts de marché, de fidéliser des clients, de contractualiser des volumes d’aliments. » Mais, la rentabilité passe par une occupation du camion mélangeur à plein-temps.
Ration sèche ou ration complète
« A plein régime, l'objectif est de tourner sur sept exploitations tous les matins et de préparer des rations « sèches » l’après-midi », explique Régis Trieulet, chez Sanders Adour.
Ainsi, le camion mélangeur repasse tous les mois au Gaec du Ruisseau, à Aubin. « Pour préparer 5 tonnes d’un mélange de foin, mélasse et correcteur », explique Thierry Berné, l’un des trois associés. Au quotidien, il ne reste plus qu’à additionner pré-mélange fibreux et maïs. Une désileuse-distributrice fait l’affaire. L’investissement est limité et les vaches en profitent : « En quelques jours, nous avons vu tout le troupeau ruminer. » Il y a de la fibre dans la ration. D’ailleurs le camion porte bien son nom : le « Fibra’Dom », autrement dit : « Fibres à domicile. »

Thierry Berné le confirme : « Avant, nos vaches boudaient le râtelier : une botte de dactyle traînait 10 jours, au fond de la stabule. Nous n’étions même pas sûr que toutes les vaches y goûtaient. Aujourd’hui, je suis sûr qu’elles mangent bien toute leur ration de fibre quotidienne. Paille incluse. » Elles n’en laissent pas une miette. Pas une fibre non plus.


Emmanuelle Le corre, Toma Dagorn


A retenir

Prix d’achat RMH VS 14 m3 : 74 700 euros H.T. (occasion).
Lait produit : 1 585 000 litres
Temps de travail de la machine : 900 heures/an.
Coût chauffeur : 11,50 euros/ heure de machine.
Coût total unitaire : 14,80 euros/1 000 litres de lait.

 

A retenir

Prestataire de service : Sanders Adour, Pau
Matériel : Tatoma
Volume : 20 m3
Objectif : une tournée dans sept élevages tous les matins (sauf le dimanche) ; plus une soixantaine d’élevages pour des mélanges secs, fibreux, à intervalle régulier.

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