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N°396 Décembre 2008


 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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Le coup de biberon magique

Sans ce biberon pour veaux, on serait malheureux. Avec de meilleurs résultats en repro, on serait plus sereins. La vie d’un élevage est faite de petits succès et d’échecs, de pépins résolus et de questions en suspens. Frédéric témoigne.


PLM – Vous utilisez un biberon pour les veaux. Vous aviez des problèmes, au seau ?

Frédéric Le Garnec. Non, bien au contraire. Les deux sont complémentaires. Le biberon nous permet de gagner du temps. La buvée est immédiate. La tétine ressemble à un beau trayon. Elle est une parfaite réponse à l’instinct de succion.
On ne ferait pas machine arrière. Avec les doigts, le seau, vous le savez bien : il faut être rusé et patient, mais pas trop (attention au lait refroidi). Et, parfois, la buvée tourne à la bataille, quand on ressort avec du lait partout sur les vêtements.
Notre véritable secret, c’est ce biberon : on gagne du temps et il ne tombe jamais en panne… On le remplit de colostrum pendant la traite et on le garde au bain-Marie. On s’en saisit pour nourrir le nouveau-né, dès qu’un instant se libère.
Volume du biberon : deux litres (modèle commandé chez Cofia). Avec deux litres, pas de risque d’indigestion. Au seau, au contraire, on est trop tenté de lui donner tout ce qu’il ingurgite.
Ainsi, le veau a-t-il le droit à six ou huit buvées au biberon, avant de passer au seau comme un grand. La transition n’est pas un souci : les veaux sont gourmands. Dès lors, les génisses ont du lait en poudre en un seul repas – « de la poudre de lait, pour éviter les diarrhées » – tandis que les mâles (ils partent à 10 jours) sont nourris au lait entier.

PLM – Qu’est ce qui peut encore changer dans vos rations ?

Cette année, nous sentons que le niveau de production va grimper (ndlr : niveau d’étable actuel, 9 200 kg). L’arrivée de la luzerne et du mélange « ray-grass hybride, trèfle violet et luzerne » a boosté les vaches. Notre pari est de remplacer peu à peu la paille – parce qu’elle déconcentre la ration – par ces produits à la fois fibreux et riches en protéine et énergie.
Autre piste : on va peut-être tenter de lever la barre de coupe, à l’heure de l’ensilage, en laissant pourquoi pas 50 cm de cannes dans le champ. Toujours dans l’idée de concentrer notre ration.
On aura un ensilage plus riche en amidon… On pourra peut-être faire l’économie du maïs grain humide. L’important sera de garder un hachage franc à 17 mm…

PLM – Quel est le frein de l’élevage encore aujourd’hui ?

Sans hésiter, je dirais la fécondité. Nous avons connu quelques progrès au fil des années, mais la reproduction reste sans conteste notre point faible. C’est un souci. Le taux de réussite en IAP est inférieur à 50 %. Il faut dire que la « fièvre Q » a pénalisé le troupeau. A ce propos, nous testons un nouveau vaccin. Nous avons espoir de remonter la pente à moyen terme…
Pour le reste, on compte sur le suivi de reproduction, en partenariat avec le vétérinaire :
– fouille, 25 jours après vêlage ;
– échographie 35 jours après IA ;
– fouille, après trois inséminations sans succès.
Pour la détection des chaleurs, nous nous aidons du « Kamar ». C’est un outil précieux, surtout le dimanche quand l’un de nous est seul aux commandes. Il y a aussi le taureau : celui qui nous permet de récupérer les vaches désespérément vides. Quand une vache se colle à sa case, c’est un signe qui ne trompe pas…

Retour à la morpho

« Nos objectifs : de bons membres (logettes obligent) ; des mamelles fonctionnelles, des bassins larges et inclinés. Nous évitons les taureaux négatifs en lait et en TP. Même si aujourd’hui nous cherchons à faire « le TP » par l’alimentation avant tout, précise Frédéric Le Garnec.
Il y a dix ans, je ne voulais surtout pas diminuer les notes d’Inel et d’Isu du troupeau. Aujourd’hui, nous remettons le cap sur la conformation : c’est pour cela que nous aimons bien des taureaux tels James, Gordon, Roy, Cousto, Convincer…

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