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Sommaire
du dernier PLM
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N°392 Juillet-Août 2008
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La GDS 44 donne l'alerte
Fractures en série pour les veaux sans minéraux
Des cas sévères de décalcification ont
été observés sur les veaux. Le GDS de Loire-Atlantique
donne l'alerte. En cause, des rations carencées. Le régime
" maïs grain foin " ne couvre pas tous les besoins.
" Lorsque j'ai retrouvé ma génisse avec
la patte cassée, j'ai d'abord pensé qu'elle s'était
blessée en montant la marche. Ou bien qu'elle s'était
coincé la patte dans une barrière
".
Loïc Robin, éleveur en Loire-Atlantique se souvient
de ce premier épisode malheureux. C'était au mois
de janvier. A l'époque, Dr Loïc Jouët, vétérinaire
de l'exploitation, diagnostique " une fracture haute "
: " Hélas, une blessure quasiment irréparable.
" Dommage pour cette petite génisse.
L'incident aurait été vite oublié, si huit
jours plus tard, patatras ! L'éleveur se retrouve avec
une autre génisse sur le carreau. Même constat :
patte arrière fracturée. Après deux cas aussi
similaires et rapprochés, difficile de croire à
un concours de circonstances. Le vétérinaire décide
d'expédier l'animal à l'Ecole vétérinaire
de Nantes pour autopsie. Fait marquant, en chargeant l'animal
dans le camion, la pauvre bête se casse une autre patte
! " Des os aussi fragiles que du verre ".
A l'Ecole vétérinaire, on constate : " Les
fractures sont atypiques. Comme si les os s'étaient brisés
sur eux-mêmes. " Des os sont même acheminés
au CHU de Tours pour une scintigraphie. Bilan : " carence
en calcium. " A Nantes, on a déjà vu ça
: des os fins, déminéralisés et fragilisés
à l'extrême. Mais, autant de cas, en si peu de temps
et dans une même région
Car, le GDS de Loire-Atlantique
a lancé un appel à destination des cabinets vétérinaires
du département. Il s'avère bien vite qu'une vingtaine
d'élevages sont sur la liste. Dans les départements
limitrophes, aussi, Maine-et- Loire et Vendée, d'autres
fractures ont été diagnostiquées sur les
veaux sevrés

Après le sevrage, le maïs grain,
pauvre en phosphore et en calcium, ne couvre pas les besoins que
le lait compensait. Sans l'apport indispensable de minéraux,
les veaux puisent dans leurs propres réserves : les os
se décalcifient. Le risque de fractures graves devient
important.
Les spécialistes croisent les données : " les
ennuis commencent un mois après le sevrage environ. Les
fractures sont toujours aussi caractéristiques : fractures
hautes en télescopage du fémur, de l'humérus
ou du bassin
" Et la piste se porte bientôt
sur l'alimentation, quand on découvre que les veaux touchés
ont pour point commun : " une ration à base de
maïs grain et de foin, avec peu ou pas de soja, et pas de
complément minéral. " Les vétérinaires
y voient plus clair. Cette ration maïs grain-foin est fortement
carencée en phosphore et en calcium
" Le lait apporte protéines, calcium et phosphore.
Si bien qu'une ration à base de lait, foin et maïs
grain ressort relativement équilibrée. Mais, c'est
après sevrage que le bât blesse. Avec le lait en
moins, le veau n'assimile plus assez de protéines pour
construire sa trame osseuse. De même, 30 à 50 % de
ses besoins journaliers en calcium ne sont pas couverts, faute
d'une complémentation en remplacement du lait. "
C'est alors que les carences en calcium et phosphore troublent
la croissance, dans une période cruciale où l'animal
construit son squelette et ses muscles. Pire, les os vont régresser,
s'affiner et se fragiliser, car ils ne sont pas seulement une
charpente. Ils sont aussi une structure de réserve capable
de re-larguer des minéraux dans le sang, quand les apports
alimentaires sont insuffisants. Bref, si la ration d'après
sevrage présente une carence minérale, les os vont
se décalcifier et les veaux connaître le sort que
l'on connaît.
C'est pourquoi, le Dr Jérôme Morlet, du GDS de Loire-Atlantique
conseille de veiller à l'équilibre suivant, dans
le cadre d'une ration d'après sevrage à base de
maïs grain : " 75 % de maïs grain, 20 % de soja,
sans oublier 5 % de minéral type 7/21 ou 5/25 ".
Cette ration a fait ses preuves dans les essais de plusieurs stations
expérimentales.
Dans le cas du Gaec de Rohan, chez Loïc Robin, le vétérinaire
a prescrit une cure de minéraux " bio-vitaminés
" et des blocs à lécher, pour palier l'urgence.
Les génisses ont retrouvé la santé. Pas d'autres
fractures à signaler.
Puis, l'éleveur a revu la ration : " Désormais,
je distribue un granulé de démarrage à 16
% de protéines (du " celtic-Génisses ")
avant même le maïs grain. Après deux semaines,
j'ajoute une poignée de minéral " vaches laitières
" et un peu de soja. Et cette complémentaton minérale
se poursuit après sevrage. "
TOMA DAGORN
Conseil
Pour une ration équilibrée
avec du maïs grain
Après sevrage, " 75 % de maïs grain,
20 % de soja, sans oublier 5 % de minéral type
7/21 ou 5/25 ", pour éviter les carences en
protéines
et minéraux et veiller à la bonne santé
et à la bonne croissance
des veaux.
(Sources : Contrôle Laitier 44)
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Fracture caractéristique
chez un veau décalcifié

Dans les cas sévères de carences minérales,
la fragilité extrême des os donne lieu à
des fractures graves du fémur, de l'humérus
ou du bassin. Ici, la radiographie d'une fracture sur une
génisse décalcifiée.
(Source : Ecole nationale vétérinaire de
Nantes)
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