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N°392 Juillet-Août 2008


 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

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Nos montbéliardes mangent à l’heure espagnole

Propriétaire de Sophie, championne montbéliarde jeune à Paris 2005, second de la top liste PLM sans maïs, l’élevage Cussac-Fouillet dans le Cantal s’illustre. Les associés du Gaec nous ont ouvert leurs portes.

En 2003, année de la canicule, il fallait une solution d’urgence, face à la pénurie de fourrages : « Nous avons commandé un mélange espagnol », se souvient Jean- Michel Cussac, éleveur Cantalou. Le premier camion chargé de 25 tonnes est arrivé en juillet, livré par l’entreprise C.a.r. Belate SA (à Lanz, en Navarre).

Rappelons que cette « ration espagnole », c’est un mélange tout prêt, livré. Elle contient luzerne, tourteaux, drèches, graines de coton, pulpe, maïs, corn gluten feed, minéraux… Il en coûte, dans le cas présent, 0,20 e par kilo environ. Dans le jargon technique, on appelle cela un « mash ».
Ainsi, la ration du Gaec Cussac-Fouillet comprend-elle « 10 à 12 kg de mash », 365 jours par an, complétés avec du foin, de l’ensilage d’herbe à volonté, de l’enrubanné ou de la pâture selon la saison. Rien de plus compliqué. « Le travail est simplifié et les performances au rendez-vous. » Conclusion : ce qui devait n’être qu’une solution de rechange, s’est imposé comme la base de la ration. Tous les mois le camion fait la route entre la Navarre et le Cantal, siège de l’exploitation.
« Avant, on travaillait à la vache avec des quantités de concentré différentes pour chacune… Maintenant on gère au troupeau. La vache qui veut produire plus de lait doit manger plus de ration de base. » C’est vrai, certaines engraissent un peu en fin de lactation. « Mais en montbéliarde, on ne le craint pas. On préfère avoir des vaches en état. »



Jean-michel Cussac
nous présente le mash venu d'Espagne. Un aliment qui a boosté les performances du troupeau.


Sur le plan de la production : « Nous avons gagné plus de 1 000 kg par vache. Le TP s’est maintenu. Le TB est monté. Cette ration permet aux animaux d’exprimer enfin leur potentiel génétique. Certaines sont passées de 8 500 à 11 000 kg. Sans pic de lactation, rien que par la persistance. Les génisses démarrent à 26 kg de lait et sont taries presque au même niveau ! » Dans le même temps l’intervalle vêlage – vêlage a peu varié : autour de 375 jours. « On utilise en moyenne 1,9 paillette par gestation… »
Côté rentabilité, Jean-Michel Cussac est catégorique : « Il sera difficile de nous démontrer que l’opération n’est pas rentable ». L’éleveur insisite : « Dans l’étable, on a des vaches en forme, plus performantes et un travail simplifié. »
Aujourd’hui, l’élevage apparaît à la seconde place de la Top Liste « sans maïs ensilage » (voir p. 30), avec une moyenne de : 9 671 kg produit par vache à 39,2 de TB et 33,4 de TP.
Toujours dans l’actualité, l’élevage est propriétaire de Sophie, championne jeune à Paris 2005, en race montbéliarde. Voilà pourquoi nous souhaitions rendre visite à cette exploitation et comprendre comment les associés travaillent.

Aire paillée et traite en simple-équipement

Depuis 2002, Rolande, Emmanuel et Jean-Michel profitent d’une nouvelle étable. On y trouve 112 places au cornadis et une aire paillée : « Venant de l’étable traditionnelle entravée, nous ne voulions pas de logettes… Bien sûr, la paille coûte cher, mais on s’y retrouve en valorisant le fumier. » Par contre, des caillebotis occupent l’aire d’exercice, « pour ne pas racler ». Suppression des astreintes oblige. D’autres investissements pourraient suivre, dans ce sens : « 30 à 40 veaux, c’est beaucoup de travail. Demain, nous installerons un Dal. »
Côté salle de traite, le simple-équipement constitue l’originalité : une 2 x 8 places équipées 1 x 8. Emmanuel Fouillet, explique : « C’est moins cher, rapide. Le matériel ne dort jamais pendant la traite. » 90 minutes de traite, pour 80 vaches. Pas le temps de rêver…
Et pourtant : « Mon rêve, c’est un troupeau de montbéliardes avec des mamelles de holsteins », avoue Jean-Michel Cussac. « Il y a deux ans, j’ai eu envie d’acheter quelques noires. Mais je ne regrette rien. Bien alimentées, je m’aperçois que nos montbéliardes sont capables de produire autant de lait avec des taux et de la longévité en plus. » Preuve en est : trois vaches vont atteindre les 100000 kg. Et puis, selon les éleveurs, les montbéliardes s’améliorent. « Je le vois bien en visitant les troupeaux autour de nous. Aujourd’hui, beaucoup de paillettes sortent de belles mamelles. »
Avec un tel intérêt pour la qualité de la mamelle, pas étonnant que les taureaux préférés du moment soient Micmac, Nikos et Ojoli. « La mamelle est un critère de sélection majeur : une vache est traite deux fois par jour. Il faut de bons ligaments, des trayons pas trop courts… Par contre, je n’aime pas Bois-le-Vin, ses filles sont difficiles à traire ! » En matière de choix génétique, l’éleveur s’intéresse aussi à « la morphologie globale et aux aplombs, car nos vaches marchent beaucoup. » Preuve en est, ça marche fort pour le Gaec Cussac Fouillet.

Toma Dagorn

Gaec Cussac-Fouilet, Alleuze, Cantal

  • 80 montbéliardes
  • 610 000 l. de quota
  • 200 ha en herbe

    Rolande Cussac (55 ans).
    Emmanuel Fouillet (32 ans).
    Jean-Michel Cussac (37 ans).
    Yannick Verdier (18 ans)
    apprenti.
    Jean-Louis Cussac, (retraité depuis fin 2004).

    Prix du lait : 0,33 €/l en 2004

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