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Sommaire
du dernier PLM
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N°396 Décembre 2008
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Le trop de vaches et de génisses
coûte cher
Le prix du lait est à la baisse. Comment réagir
? Se basant sur un réseau de plus de 400 exploitations,
Christophe Tanguy dInzo, propose des pistes pour maintenir
le revenu.
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Christophe Tanguy est chef
de produits minéraux ruminants chez Inzo. Inzo, firme-services
basée à château-thierry dazns l'aisne,
rassemble depuis de nombreuses années les données
technico-économiques de plus de 400 exploitations.
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45 à 50 €/1000 l de lait, cest la baisse du
prix du lait prévue suite à la réforme de
la Pac. Face à cela, les primes compensatoires devraient
atteindre 35 e/1000 l. Résultat de lopération
: les éleveurs devront être capables de « trouver
», cest-à-dire déconomiser, 10
à 15 e/1000 l pour maintenir leur revenu. Devant ce challenge,
les idées sont nombreuses
« Mais pas toutes
judicieuses », selon Christophe Tanguy qui plaide pour
laliment du commerce et une intensification raisonnée.
Diminuer le concentré
Premier réflexe dans les élevages : tenter dabaisser
les coûts de production en économisant sur les concentrés.
Mais rien ne dit que la marge nette sera meilleure. Quand on compare
les données de plusieurs centaines dexploitations,
on se rend compte que la marge nette, cest-à-dire
ce qui reste à léleveur pour se rémunérer,
nest pas liée au coût de concentré.
Certains distribuent beaucoup de concentrés, avec des coûts
dépassant les 60 e/1000 l de lait, et ont une bonne marge
nette à 180 e/1000 l. On remarque aussi que deux éleveurs
avec le même coût de concentré, peuvent obtenir
des marges nettes très différentes. Celui qui tire
son épingle du jeu passe davantage de temps avec ses animaux,
rentre de meilleurs fourrages, a un plan de prévention
sanitaire, distribue une ration plus homogène
La
différence se fait à tous les niveaux.
Distribuer du concentré fermier
Les concentrés fermiers, préparés à
partir daliments simples comme le blé et le soja,
coûtent moins chers que les aliments composés des
fabricants. Cest vrai. Leur prix de revient moyen : 203
e/tonne, est 15 à 20 % moins cher que les aliments du commerce.
Mais les éleveurs qui travaillent avec des concentrés
fermiers ont tendance à réaliser des distributions
supérieures pour des résultats identiques. Les données
de notre réseau délevages, confirmées
par une étude des CER de Bretagne datant de 2003, le montrent
: les vaches consommeraient en moyenne 23 % de concentrés
en plus dans un système de fabrication de laliment
à la ferme. Plus de concentré moins cher ou moins
de concentré plus cher
Au final, un coût de
concentré moyen identique : 46 e/1000 l.
Abaisser le niveau de production
Dans les exploitations françaises, les coûts de productions
sont déjà bas. Concentrés, inséminations,
vétérinaire, itinéraires culturaux
Lépoque où les éleveurs mettaient trop
dengrais et achetaient des concentrés trop chers
est révolue. Toutes ces charges variables sont quasiment
incompressibles. Ou bien le risque est débranler
le niveau de production. Or, contrairement à ce qui est
trop souvent dit, désintensifier la production naugmente
pas la marge nette.
A contrario, lintensification naugmente pas démesurément
les charges. Notamment parce que lélevage des génisses
est amorti sur un plus grand volume de lait. En définitive,
ramenées aux 1000 litres, les charges restent dans une
fourchette de 100 à 105 e/1000 litres. Cest pourquoi,
je pense quil faut miser sur des vaches qui produisent plus
de lait par lactation. Cela signifie moins de génisses
à élever et surtout des surfaces libérées
pour dégager de la marge brute « cultures ».
Au final, lopération est payante.
Gérer son quota et éliminer les vaches en trop
Quand on observe les courbes de collecte au niveau national,
on remarque un grand coup de frein en février et mars.
Puis une reprise des livraisons au premier avril, dès le
début de la nouvelle campagne. On estime à 300 millions
de litres ce creux de février et mars. Autant de lait produit
et non payé, envolé dans la nature
Cela correspond
à environ 5 % de vaches en trop en France.
Une vache excédentaire rapporte par la vente de ses veaux
et au moment de sa réforme (Ndlr : en plus, ces dernières
années, la tendance est à la baisse des cours des
réformes et veaux de huit jours.). Mais une vache excédentaire
représente surtout des frais délevage jusquà
son premier vêlage et des charges variables (insémination,
vétérinaire, contrôle laitier
) tout
au long de sa carrière, tout en occupant de la surface
qui pourrait être libérée pour des cultures
de vente.
Nous estimons ainsi à 3 e/1000 l les pertes financières
liées à ces animaux excédentaires en production.
Sans compter que ces derniers influent aussi sur la quantité
de travail, lampleur de la mise aux normes
Miser sur du vêlage précoce pour les génisses
Latelier génisse a son mot à dire en terme
de coût de production. Des coûts de production qui
grimpent quand on fait vêler à trois ans. Lobjectif
impératif: des mises-bas avant 28 mois. Si le vêlage
à deux ans coûte un peu plus cher en concentré
pour soutenir des croissances suffisantes, il a lavantage
de ne pas décaler les animaux par rapport aux périodes
habituelles de vêlage du troupeau. En plus, le vêlage
jeune réclame moins de surface bloquée pour les
génisses. Une donnée importante puisque ces terres
peuvent être une fois encore valorisées en cultures
de vente
Maîtriser le taux de renouvellement
Au début des années 80, le taux de renouvellement
des troupeaux tournait autour de 20 %. Aujourdhui, nous
atteignons 37 %. Avant les quotas, on gardait tous les animaux
producteurs, ça faisait du volume. A partir de 84, le système
des quotas a imposé un nombre fixe de vaches par exploitation,
alors les génisses entraient en sortant une vache du troupeau.
Laccent mis sur la qualité du lait a aussi entretenu
le recours au renouvellement. Les mammites et les problèmes
de fertilité accentuant la tendance
Aujourdhui, léleveur a tendance à réformer
une vache parce quil y a une génisse derrière.
Ce nest pas logique : on subit plutôt que dagir.
Et cela pèse énormément sur léconomie
de lélevage. Lobjectif reste à moins
de 25 % de réforme. Quand une vache est remplacée
avant la fin de sa deuxième lactation, nous avons calculé
que le coût de renouvellement sélevait à
65 €/1000 l.. Cest franchement pénalisant. Alors
quau-dessus de quatre lactations, ce coût est réduit
à 32 €/1000 litres.
Ce qui signifie plus concrètement quun troupeau de
50 vaches à 8000 litres de moyenne faisant produire ses
animaux plus de quatre lactations économiserait 13 200
€ par an par rapport au même troupeau qui ferait moins
de deux lactations de moyenne. On comprend mieux limpact
économique de la longévité et limportance
de la maîtrise du renouvellement.
Nélever que les femelles nécessaires
« Jélève toutes mes génisses.
On verra bien combien jen aurai besoin. De toute façon
une de plus ou une de moins
». Un discours classique
dans les campagnes. Mais une, deux, trois, quatre génisses
élevées en plus cest du boulot, des fourrages,
peut-être des frais véto. Et encore une fois des
parcelles bloquées pour un élevage improductif pendant
deux ans
Abaisser son taux de renouvellement sous-entend bien sûr
de nélever que les génisses dont on a besoin.
Comment faire son choix ? Garder, par exemple, les génisses
de génisses et de première lactation pour avoir
un retour rapide de progrès génétique. Garder
les génisses nées en période de vêlage,
ainsi elles vêleront à deux ans sans être décalées
par rapport au troupeau.
En poussant le raisonnement plus loin, les vaches décalées,
qui sont inséminées tardivement dans la saison,
pourront être remplies avec des semences de race à
viande. Le croisement industriel permet de vendre de beaux produits
à quelques semaines. Et avec moins de génisses en
race pure, il devient difficile den élever beaucoup
trop
Propos recueillis par Toma Dagorn
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