5 mesures validées par les éleveurs du Wisconsin font reculer les mammites

17 août 2020 - Arnaud VERLEUR

Ces idées ne sont pas nouvelles puisqu’elles ont été développées dès 1950 en Angleterre… Elles sont toujours d’actualité : « la prévalence de mammites à staphylocoque doré est passée de 20 à 10 %, dans le Wisconsin, à l’aide de cinq règles de base ».

1. Assurer un post-trempage efficace : 75 % de la surface du trayon doit être recouverte du produit désinfectant.

2. Miser sur le traitement au tarissement. Pour le moment, aucune étude, aucun chiffre ne montre que le traitement au tarissement entraîne une antibio-résistance. Par contre, beaucoup d’études en confirment les bienfaits.

3. Enregistrer tous les traitements. Noter les vaches non traitées aussi.

4. Réformer les vaches à problème. Elles sont responsables de la contamination des autres.

5. Contrôler le fonctionnement de la machine à traire : regarder l’état du sphincter et le niveau de vide…

 

Pamela Ruegg, docteur vétérinaire à l’Université de Madison confirme que l’on ne peut pas « reconnaître les pathogènes, sur la seule base des symptômes observés. » A l’exemple des vaches infectées par Escherichia coli : un tiers présentaient une atteinte de l’état général ; un tiers une inflammation du quartier ; un tiers ne paraissaient pas malade du tout, si ce n’est que leur lait avait un aspect anormal. « Chaque vache a une réponse immunitaire différente, même si l’infection est liée à une même bactérie. »

Les conclusions du chercheur amènent cinq autres conseils :

6. Tirer les premiers jets, pour optimiser les chances de détecter une mammite. Sur l’ensemble des 793 mammites étudiées par le Dr Ruegg, 50 % n’ont été détectables que par un changement d’aspect du lait, 35 % par l’inflammation d’un quartier ; 15 % par l’atteinte de l’état général.

7. Réaliser des analyses, pour identifier correctement les bactéries en présence. Le Dr Ruegg souligne l’intérêt des cultures bactériennes par ensemencement des boîtes de pétri. Mais aussi toute la pertinence des tests PCR.

Analyse un peu plus coûteuse, la PCR a toutefois l’avantage d’identifier des bactéries aussi bien vivantes que mortes. En effet, cette « Réaction en Chaîne par Polymérase » (PCR en anglais) repose sur l’analyse des fragments d’ADN.

Pour bactéries « mortes », il faut comprendre des bactéries détruites par l’organisme de l’animal, quand la réponse immunitaire a déjà eu lieu… Les mises en culture classiques restent muettes dans ce cas. Au contraire, des PCR ciblées sur le lait de tank ou des vaches à taux cellulaire élevé vont mettre à jour les bactéries pathogènes en présence, pour mieux s’en protéger.

8. Prévenir, plutôt que guérir. Cet adage garde tout son sens ici : « il faut éviter absolument la première infection. » Un peu comme éviter la première cigarette… Car, une vache qui déclare sa première mammite, en effet, à toutes les chances de refaire une infection mammaire au cours de sa lactation. « Même si elle est saine en cellules. » Le risque serait multiplié par cinq.

Seuil critique : « dans un troupeau de 100 vaches, en l’espace d’une lactation, si plus de 25 vaches différentes déclarent une mammite, il faut s’en inquiéter sérieusement. »

9. Surveiller de près les fraîches vêlées et mettre toutes les chances de leur côté. Elles sont les plus sensibles aux infections mammaires et en particuliers à cette première infection qui risque d’en entraîner d’autres.

10. L’utilisation d’antibiotique ne doit pas être systématique. Un chiffre fait réfléchir : « sur les 793 mammites cliniques détectées et étudiées dans le Wisconsin, la réponse immunitaire de la vache avait déjà stoppé l’infection dans 25 % des cas. »

 

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