Adapter les rations au profil des maïs

17 janvier 2021 - BC

Arvalis-Institut du Végétal communique sur le niveau et le type de complémentation à apporter en fonction du profil énergétique de votre maïs fourrage. Explications pour des rations laitières.

Le profil énergétique d’un maïs fourrage est déterminé par plusieurs facteurs plus ou moins maitrisables.
Chronologiquement, le choix variétal est un premier levier mobilisable par l’éleveur. Les conditions de végétation ont également un effet majeur. Jusqu’à la floraison, les conditions climatiques déterminent la biomasse de tiges et de feuilles. Les conditions qui suivent la floraison influencent le remplissage des grains et donc la teneur en amidon du fourrage. Enfin, le stade de récolte joue un rôle prépondérant. Il est toujours conseillé de viser le stade 32-33%MS à la récolte, un bon compromis entre rendement, qualité de conservation et valorisation.

Dans les rations de vaches laitières, Arvalis conseille de viser au minimum 32 % de fibres (NDF*), dont 70 % issus des fourrages, et maximum 19 à 22 % d’amidon dégradable dans le rumen (soit 22 à 25 % d’amidon total).

L’incorporation d’un fourrage complémentaire peut en effet permettre de réduire la consommation de correcteur azoté et la part de maïs fourrage dans la ration. L’objectif est alors de valoriser au maximum les ressources fourragères riches en protéines issues de l’exploitation. L’introduction d’herbe dans des rations à base de maïs fourrage est souvent plafonnée à 20-30% de la MS ingérée afin de maintenir la densité énergétique de la ration. Si l’éleveur souhaite augmenter la part d’herbe dans la ration tout en maintenant le même niveau de production, la substitution de tout ou partie du maïs fourrage par des aliments plus riches en énergie (maïs épi ou grain humide, céréales à paille, coproduits…) est nécessaire.

Repères de rationnement
Pour illustrer les possibilités de rationnement d’une vache laitière selon le profil énergétique du maïs fourrage, Arvalis propose sept rations allant d’une ration « tout maïs » à une ration où l’herbe constitue près de 50 % de l’apport de fourrage. Le  caractère plus ou moins acidogène de ces régimes est représenté en fonction du profil de maïs utilisé et du type de complémentation énergétique utilisé (céréale à paille ou maïs grain sec).

Effet du profil énergétique du maïs fourrage, de la ration et du complément énergétique sur le risque acidogène du régime alimentaire. Vert : risque faible / Orange : risque modéré / Rouge : risque élevé

 

Source. Arvalis
*fibres NDF : fibres insolubles dans le détergent neutre (lignine + cellulose + hémicellulose).

Selon l’origine de l’énergie, et pour une même valeur UF, on peut distinguer trois classes de maïs fourrage :
· Les maïs « fibres » sont des maïs à haute digestibilité des tiges et des feuilles, avec une teneur en amidon réduite. Ils ont l’avantage d’être utilisables dans tous les types de rations, y compris celles où le maïs fourrage est distribué en « plat unique », complémenté avec un correcteur azoté.
· Les maïs « amidon » sont des maïs plus typés « grains » qui possèdent un épi très développé au stade 32-33 % de MS plante entière. Ces maïs fournissent l’essentiel de la teneur en amidon des rations ; ils sont destinés à maintenir un niveau d’apport d’énergie rapidement fermentescible dans le rumen générateur de PDIE et à relever le taux protéique du lait. Ils ne sont cependant pas recommandés dans certains cas, notamment pour les rations de vaches laitières où la part d’herbe est faible voire nulle.
· Les maïs « équilibre » sont les maïs ayant un profil intermédiaire.
Avec l’avancée du stade de récolte, et de bonnes conditions de cultures, un maïs passera d’un profil plus « fibre » à un profil plus « amidon ».
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