Coût d’une mammite. De nombreux facteurs oubliés

7 juillet 2020 - Kevin DEKNUDT

Le coût d’une mammite n’est pas simplement le coût des médicaments et du lait écarté. À cela, il faut ajouter la main d’oeuvre, la perte de production sur la lactation, l’augmentation du taux de réforme, etc.

La mammite est une des maladies les plus courantes des vaches laitières. Elle se présente sous forme clinique ou subclinique. Une mammite clinique est détectée lors de la présence de caillots dans le lait, de sang, d’un changement de fluidité, de couleur ou d’aspect du lait. Tandis qu’une mammite subclinique est une infection de la mamelle sans modification visible du lait. 

Les coûts d’une mammite comprennent :
- le lait jeté pendant le traitement
- les médicaments (tubes intrammaires, anti-inflammatoires, etc.)
- la main d’oeuvre
- la prestation du vétérinaire (si nécessaire)
- la perte de production sur la lactation
- l'augmentation des réformes
- un éventuel décès
- la diminution du prix du lait

1) Lait jeté
Facile à calculer. Par exemple, une vache de 40 litres traitée trois jours, suivie d’une période de séparation du lait pendant 4 jours. Soit 7 jours x 40 litres = 280 L x 0,3 €/L = 84 €

2) Médicaments
Les antibiotiques et anti-inflammatoires utilisés, mais aussi le coût d’analyse des résidus dans le lait. 

3) Main d’oeuvre
Soigner une vache prend du temps et ce pendant plusieurs jours. Traiter pendant la traite, la séparer après la traite, vérifier que la vache se porte bien dans le box « hôpital », etc.

4) Frais vétérinaire
Selon les cas, un examen du véto est nécessaire afin de choisir le traitement le plus adéquat. 

5) Perte de production
Beaucoup d’éleveurs sous-estiment la perte de production après la guérison d’une mammite. Par exemple, une mammite clinique cause de graves dommages aux cellules épithéliales de la mamelle, réduisant la production de lait futur. 

6) Réforme
Le coût lié à une vache réformée précocement est la différence entre la valeur de vente bouchère et la valeur de remplacement par une génisse. À cela s’ajoute la différence de production de lait entre la vache reformée et cette génisse remplaçante. Prenons l'exemple d'une vache à 12 000 litres en quatrième lactation, abattue en raison d’une mammite clinique. L’éleveur a touché 750 € et doit la remplacer par une génisse de 1 500 € avec une production de 9 000 litres pour sa première lactation.   Le coût total de la réforme est donc 750 € + 3 000 litres x 0,3 €/L = 1 650 €.

7) Décès
Un cas d’intoxication comme une mammite E. Coli ou une détection trop tardive peut amener l’animal jusqu’à la mort. 

8) Diminution du prix du lait
Un troupeau fortement atteint par des mammites subcliniques augmente le taux cellulaire du tank. L’éleveur perd sa prime qualité du lait et voit son prix du lait diminué. 

 

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