Double peine pour les maïs 2021 dans le Rhône

« En 2020, le manque d’eau depuis le mois de juin et surtout les pics de chaleurs brulant les feuilles ont stoppé net la floraison et ont fortement pénalisé la fécondation », analyse Alexandre Batia chez Rhône Conseil Elevage. L'utilisation sur 2021 sera pénalisée. Voici son analyse.

Pour faire face au caprice de la météo durant la période estivale, la stratégie des élevages Rhodanien est de semer des indices de floraison étalés dans le temps. L’objectif étant d’éviter ou de limiter tous stress au moment de la floraison et obtenir ainsi des maïs ensilage à 0,90-0,91 UFL avec 300g d’amidon/kg de MS et un niveau compris entre 390-400 de NDF. La digestibilité est de mise et le potentiel lait assuré.
Nous sommes aussi vigilant les semaines qui précèdent la récolte. Les chaleurs de début septembre accélèrent très vite la maturité en fin de cycle. Il faut être réactif et anticiper la récolte sur certaines parcelles dont la masse végétative déssèche en 3 jours.  

Cette année, le manque d’eau depuis le mois de juin et surtout les pics de chaleurs brulant les feuilles ont stoppé net la floraison et ont fortement pénalisé la fécondation.
Au final :
-    Les éleveurs ont enregistré des pertes de 50 à 60 %, avec une baisse du potentiel lait du fourrage : le pire cauchemar d’un producteur laitier.
-    Nous avons revu à la baisse le potentiel des rations avec un profil qui s’oriente plutôt vers les taux (TB et TP) que vers le lait.

La cause : une digestibilité du maïs < 69% induite par la faible teneur en amidon mais aussi par une partie du NDF qui se révèle non digestible pour atteindre des NDFnd de 270g/kg de MS.        

Le rumen « patine » par manque de nutriments « starters » des fermentations tels que les glucides pariétaux et l’amidon fermentescible.
La proportion des différents Acide Gras Volatile (AGV) est modifiée. Il y aura moins de C3 au profit du C4 et C2.

Le rumen nous parle, la plante s’étant lignifié, une partie du NDF se révèle non digestible dans le rumen.
Dans cette situation, l’animal va le traduire avec moins de lait et plus de taux, entre autre plus de matière grasse (MG) de type saturé, sous la forme C16.0 à plus de 15g/litre et un rapport TB/TP qui augmente.
 
Pour maintenir une certaine productivité tout en maintenant une dynamique d’état corporel, l’apport de maïs épi ou de farine de maïs est de mise.
Pour remettre de la digestibilité dans la ration et si les stocks le permettent, l’ajout d’ensilage d’herbe de « type laitier » sera efficace et complètera parfaitement l’apport d’amidon complémentaire.

 

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