Ferme laitière bas carbone. Des résultats encourageants

23 mai 2021 - Loïc Doumalin

Contrairement aux intuitions, la productivité améliore le bilan carbone des exploitations laitières. C’est l’un des enseignements à retenir de la conférence du CNIEL et de l’Institut de l’Elevage à propos de la démarche « Ferme laitière bas carbone ».

L’agriculture est le second secteur en émission de GES, ou gaz à effet de serre, derrière le transport, mais ce n’est pas une fatalité et des progrès tangibles sont réalisés depuis quelques années, en particulier en production laitière. Les exploitations laitières françaises ont réduit d’un quart leur émission de GES de 1990 à 2020. Et elles représentent 6 % du stockage des émissions, en particulier par leurs surfaces herbagères. 

Un outil de diagnostic

« Les éleveurs sont eux-aussi directement concerné par le réchauffement climatique », rappelle Ronan Lasbleiz, chef de projet sur les questions environnementales au CNIEL. « C’est une réalité mondiale que tous les acteurs de tous les secteurs doivent prendre en compte ». 
L’Institut de l’Elevage a développé un outil de référence de diagnostic environnemental CAP'2R pour évaluer l'empreinte environnemental d'un d'élevage et identifier les leviers de réduction d’émissions de GES. Projet réalisé dans un cadre européen, et en France auprès de 3 900 élevages laitiers dans six régions. 

12 166 élevages laitiers engagés

Dès 2015, le CNIEL a engagé la démarche « La Ferme laitière bas carbone » pour donner l’accès à ce diagnostic à l’ensemble des élevages laitiers français. Une démarche en partenariat avec France Conseil Elevage et les Chambres d’agriculture qu’ont rejoint de multiples acteurs, comme des laiteries, mais aussi des conseils régionaux, une communauté de communes ou encore une banque. 12 166 élevages sont engagés concrètement à réduire leurs émissions de GES et sont accompagnés par 1 000 conseillers spécifiquement formés pour réaliser les diagnostics. Les leviers sont multiples, « mais ils doivent être définis au niveau de l’élevage, car les axes de travail ne sont pas identiques d’une exploitation à l’autre ». 

0,87 kg de CO2 par litre de lait

La conduite technique est l'un des principaux leviers de réduction de l'empreinte carbone d'un élevage laitier

L’empreinte carbone nette d’un élevage est le fruit de la différence entre les émissions brutes et le stockage. Catherine Brocas, chargée du déploiement des démarches Carbone pour la filière laitière à l’Institut de l’Elevage, a présenté les bilans carbone concernant 3 135 élevages laitiers. Leur empreinte carbone nette moyenne est de 0,87 kg de CO2 par litre de lait. Pour les 10 % meilleurs, elle est de 0,72. « Il existe un réel potentiel de progrès. C’est la conduite d’élevage qui explique les écarts entre les élevages et non pas le contexte pédoclimatique ». 
Trois pistes sont à retenir par la gestion :
-    du troupeau, en réduisant le nombre d’animaux improductifs, en maîtrisant la santé et la reproduction…
-    des déjections en augmentant le temps de pâturage, en couvrant les fosses…
-    du système fourrager pour améliorer l’efficience alimentaire et le rendement fourrager.
Aujourd’hui, l’objectif est de réduire de 17 % à moyen terme l’empreinte carbone du lait sorti usine. En effet, des laiteries se sont engagées à la réduire par l’amélioration des process de fabrication ou bien encore par le développement de l’éco-packaging. 
 

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