Gare aux corps étrangers métalliques

1 décembre 2021 - BC

L’Anses s’est intéressé aux corps étrangers métalliques ingérés accidentellement par les bovins. Le risque de lésions des organes internes est réel, et peut parfois conduire à la mort de l’animal. L’administration d’aimants peut éviter des lésions, souligne l’organisme.

Les données collectées dans les abattoirs, lors des autopsies et dans les exploitations, ainsi que sur les données dans la littérature scientifique, permettent d’estimer qu’au moins 7 à 20 % des bovins sont concernés par l’ingestion de corps étrangers métalliques en France.
« Ainsi, chaque année, environ 30 000 carcasses sont totalement ou partiellement écartées de la consommation quand les animaux arrivent à l'abattoir, du fait de la présence de lésions liées à l’ingestion de ces corps étrangers », précise le groupe de travail missionné par l’Anses. De plus, « les corps étrangers et les lésions associées provoquent la mort d’environ 29 000 bovins par an à la ferme, sans valorisation possible ».

Fils de fer mais pas que...
La majorité des corps étrangers retrouvés dans la panse des vaches sont des fils de fer de quelques centimètres, et dans une moindre mesure des clous. Leur origine la plus probable est liée aux activités autour de l’exploitation : structures métalliques des pneus usagés, utilisés pour maintenir les bâches recouvrant le fourrage (ensilage), bouts de clôtures possiblement arrachées lors de la coupe de haies, déchets de chantiers, etc.

« Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les vaches vivant à l’intérieur semblent plus exposées que celles broutant en extérieur », note Charlotte Dunoyer, cheffe de l’unité Évaluation des risques liés à la santé, à l’alimentation et au bien-être des animaux. L’apport de fourrage depuis l’extérieur avec le recours à la mécanisation a pour effet de « concentrer » les morceaux de métal dans l’aliment distribué, par rapport à une situation où des animaux passent plus de temps en pâture. Par exemple il est possible que des morceaux de clôture tombés au sol soient prélevés en même temps que l’herbe fauchée, ou que des fils de fer de pneus usagés tombent dans l’ensilage. »

Bannir les pneus usagés
Les experts recommandent des mesures pour éviter la présence de morceaux de métal dans l’environnement des vaches. « Par exemple, ne plus utiliser des pneus usagés pour bâcher les fourrages ou équiper les matériels agricoles utilisés pour l’alimentation d’un électroaimant, afin de piéger les objets ferromagnétiques ».  AUne attention particulière doit également être portée lors de l’entretien des clôtures et des haies ainsi que sur les chantiers autour des élevages, pour ne pas laisser des morceaux de métal oubliés.

Penser aux aimants
L’aimant placé dans la panse des vaches est jugé utile pour éviter les lésions graves. « Cet objet de quelques centimètres est placé dans la panse des vaches par voie orale. En attirant et en piégeant les débris métalliques, il évite que ceux-ci causent des lésions en migrant dans des organes fragiles, comme le cœur ou le diaphragme. L’efficacité de ces dispositifs est prouvée ».

L’Anses cite des études réalisées dans des élevages laitiers au Québec. Elles ont démontré que « les animaux équipés d’un aimant ont deux fois moins de risque d’être diagnostiqués d’une pathologie liée à la présence de corps étrangers que leurs congénères n’en ayant pas reçu ».

Il est également précisé que la pose de l’aimant présente un risque extrêmement faible pour le bien-être de l’animal : Les traumatismes liés à l’administration d’un aimant par voie orale étant rares. « Le risque de dissolution de l’aimant semble être négligeable à l’échelle de la vie de la vache », indique Nibangue Lare, qui a coordonné l’expertise.
Le groupe de travail a malgré tout envisagé le pire des cas. « Même si l’aimant se dégradait en un an, la teneur de ses éléments constitutifs ne poserait pas de problème pour la santé des animaux ni celle des humains consommant les produits d’origine animale. »

Source. Communiqué Anses

 

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