Maïs fourrage 2022. Bilan de campagne d'Arvalis

16 novembre 2022 - D'après Arvalis

Les rendements sont en forte baisse sur une majorité de régions et la qualité du cru de maïs fourrage 2022 n’est pas au rendez-vous.

Des conditions peu favorables après floraison
Les conditions pédoclimatiques et le stade de récolte sont deux facteurs ayant un impact fort sur la qualité du maïs fourrage, rappelle-t-on chez Arvalis. Si les conditions ont été globalement favorables pour un développement rapide du maïs jusqu’à floraison, la situation s’est dégradée ensuite. L’été chaud et très sec sur l’ensemble des régions françaises a, dans de nombreuses situations, pénalisé « la fécondation puis le remplissage des grains ». Les rendements sont en forte baisse par rapport à 2021 et inférieurs à la moyenne pluriannuelle. Les maïs sont pauvres en grains, la digestibilité des fibres correcte d’où une valeur énergétique assez moyenne.

Des teneurs en matière sèche élevées
La teneur en matière sèche (MS) moyenne à la récolte, à 35,0 % MS, est élevée en lien avec une évolution rapide des plantes en fin de cycle et des maïs parfois atypiques (part de grain variable, appareil végétatif desséché).
Malgré des dates de récoltes très précoces, 43 % des maïs ont ainsi été récoltés à plus de 35 % MS, et même un quart à plus de 38 % MS. Le quart Nord-Est de la France est particulièrement concerné par ces maïs très secs.
La vigilance s’impose sur la qualité de conservation, souligne Arvalis. « La porosité plus élevée de silos de maïs récoltés trop secs augmente le risque de pertes par une moins bonne conservation et une reprise de fermentation au front d’attaque lors du désilage ».

 Des maïs assez pauvres en amidon
La teneur moyenne en amidon, à 27,7 % (± 7,7 %) au niveau national, est inférieure de 4 points par rapport à 2021 et l’une des plus faibles observées ces 10 dernières années. Une forte variabilité est observée suivant les régions. Le déficit hydrique couplé aux températures caniculaires pendant la phase de plus grande sensibilité du maïs fourrage a entraîné des défauts de fécondation plus ou moins marqués. Dans les zones les plus favorables ou ayant bénéficié d’orages significatifs fin juin, les pluies de mi-août ont permis d’assurer un remplissage correct des grains. En revanche, dans bon nombre de situations, le retour des pluies à partir de mi-août est intervenu trop tardivement (ou a été insuffisant) pour impacter significativement la production de grains et a seulement permis de réhumecter l’appareil végétatif avant la récolte.

Excepté les zones Ouest et Nord en bordure maritime Manche (teneur en amidon « normale », autour de 31 % de la MS) et quelques départements du Sud-Ouest,
l’essentiel du territoire est concerné par ce déficit de grains dans les maïs. La région Centre-Ouest est particulièrement impactée avec une teneur en amidon moyenne de 22,6 %. Suivent les régions Est, Piémonts-Montagne et Sud-Ouest avec des teneurs en amidon comprises entre 25 et 27 % de la MS.

Une digestibilité des fibres correcte
La quantité de fibres (NDF) est supérieure à celle de 2021 du fait d’une proportion de tiges-feuilles/grains plus élevée à la récolte. La digestibilité des fibres (dNDF) est correcte cette année, avec une moyenne égale à 51,7 %
(± 4,3 %), soit 0,6 point de mieux qu’en 2021. La durée de cycle raccourcie et le stress hydrique subi par les maïs laissaient cependant entrevoir une digestibilité des fibres supérieure, telle qu’observé en 2018, 2019 et 2020.

Les maïs ayant des fibres les plus digestibles se retrouvent dans les régions où les ensilages ont été récoltés précocement ; c’est le cas des maïs des zones Centre-Ouest, Est et Piémonts-Montagne qui présentent respectivement des niveaux de dNDF moyens de 52,8 %, 52,9 % et 52,7 %. La qualité des fibres de ces plantes jeunes a ainsi été préservée de la sénescence accélérée de la fin de cycle. Comme les années précédentes, les ensilages réalisés dans le Nord, l’Ouest et le Sud-Ouest présentent une digestibilité des fibres inférieure à la moyenne nationale à cause d’une durée de cycle plus longue (Nord et Ouest) et une utilisation d’hybrides tardifs plus typés grain (Sud-Ouest).

Une valeur alimentaire assez moyenne
La teneur en matières azotées totales (MAT) des ensilages de maïs est supérieure de 0,7 point à celle obtenue en 2021, avec en moyenne 7,7 % (± 1,1 %), grâce à un effet de concentration dû principalement aux faibles rendements. La teneur en protéines digestibles dans l’intestin (PDI) est de 62 g/kg MS et la balance protéique du rumen est de -34 g/kg MS.

A l’échelle nationale, la teneur en énergie du maïs fourrage, exprimée en UFL (système INRA 2018), est en moyenne de 0.94 UFL/kg MS (0,90 ancien UFL). La moitié des ensilages de maïs présentent une valeur énergétique inférieure à 0,94 UFL/kg MS.

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