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Prairies. L'apport d'azote peut attendre sur parcelles ennoyées

Un apport d'azote minéral ou de lisier, dès les 200 degrés-jours cumulés (en base 0°C) depuis le 1er janvier, permet de maximiser la production d'une prairie de graminées au premier cycle, explique Arvalis. A condition de la réaliser sur sols ressuyés.
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  • Auteur : Béatrice Colleu

Des travaux conduits par Arvalis sur la fertilisation des prairies à base de graminées ont établi qu'un premier apport d'azote (sous forme minérale ou lisier) réalisé à 200 degrés-jours cumulés assure une production fourragère de qualité dès le premier cycle de la culture. 

Carte de dates médianes (sur 20 ans : 2006-2025) pour cumuler 200 degrés-jours (base 0°C) depuis le 1er janvier

Carte de dates médianes (sur 20 ans : 2006-2025) pour cumuler 200 degrés-jours (base 0°C) depuis le 1er janvier

Contrairement aux céréales, il n'existe pas de stade physiologique " repère " permettant de positionner les apports d'azote sur prairies, rappelle l'institut. " Le démarrage de la croissance de l'herbe, correspondant à la date optimale d'apport de l'azote, se raisonne en fonction d'une somme de températures en base 0°C depuis le 1er janvier. Ce critère présente l'avantage de prendre en compte le contexte climatique de l'année et la localisation de la prairie ".

Pas d'impatience sur parcelles ennoyées

En conditions ennoyées, ce n'est plus l'azote qui est le facteur limitant de la croissance des plantes, " la priorité sera donnée au ressuyage ", soulignent les spécialistes de l'institut. D'autant qu'il est également indispensable d'être vigilant quant à la portance des sols. " Avant tout apport, et notamment de produits organiques résiduaires à l'aide d'équipements lourds, il convient d'observer une période de ressuyage suffisante ".

Les prévisions météorologiques aident à positionner les épandages. " Par exemple, en cas de fort gel annoncé, l'apport peut être décalé afin de coïncider davantage avec le redémarrage de la végétation ". 

Décalage possible jusqu'à 300 degrés-jours

Arvalis explique : " l'effet d'un décalage de l'apport à 300 degrés-jours sur le rendement et la qualité reste globalement faible ".  Ce qui laisse un peu de latitude en cas de conditions météorologiques défavorables et portance insuffisante. Un apport au-delà de 300 degrés jours, en revanche " entraîne des pertes de rendement et ce d'autant plus que l'exploitation de la prairie sera précoce (pâturage, récolte avant épiaison) ".

Enfin, avant tout apport, il convient de vérifier la réglementation locale en vigueur (Directive Nitrates), en particulier dans les zones précoces.

Planifier le premier apport d'azote grâce à l'outil Date N'Prairie

Pour calculer une somme de températures base 0, il faut relever chaque jour les températures minimales et maximales sous abri afin de calculer la moyenne journalière, puis additionner les moyennes journalières supérieures à 0°C. L'outil gratuit Date N'Prairie le fait à votre place en valorisant des données météos actualisées tous les jours. Cet outil utilise la règle des 200 degrés-jours pour apprécier la précocité ou la tardiveté de l'année dans sa région.

Date N'Prairie est un site web accessible gratuitement depuis un smartphone, un ordinateur ou une tablette, en cliquant ICI. Il suffit à l'utilisateur de renseigner son code postal pour obtenir sa date d'apport. Les calculs sont réalisés à partir des données de la station météo la plus proche fournies par Météo France.

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