Deux origines de boiteries : les lésions de la corne et celles des pieds
PLM a interviewé Anne Relun, enseignant-chercheur en médecine bovine, sur la situation actuelle des lésions des pieds, leurs facteurs de risques…
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Auteur : Propos recueillis par Loïc Doumalin
PLM - Comment distinguer les différentes lésions à l’origine des boiteries ? Anne Relun : Il existe un site internet sur les boiteries des vaches, qui présente toutes les lésions (http://boiteries-des-bovins.fr/). C’est une aide intéressante pour les éleveurs. Ensuite, il faut pouvoir noter leur sévérité pour savoir si les lésions observées lors d’un parage de routine, par exemple, sont bien responsables de boiteries.
Un comité technique animé par l’Institut de l’Elevage travaille actuellement à l’uniformisation de la notation des lésions, de manière à ce que cette notation soit compatible avec les définitions de l’atlas international ICAR et qu’elle donne la possibilité de noter la sévérité des lésions. Pour les lésions de dermatite digitale, la définition et la notation de leur sévérité devraient reprendre la grille élaborée par le Dr Döpfer, qui est celle la plus utilisée actuellement.
Comment explique-t-on que ce sont les postérieurs le plus souvent atteints ? Anne Relun : Dans 9 cas sur 10, les boiteries chez les vaches laitière sont dues à des lésions des pieds. 85 % de celles-ci concernent les postérieurs. Sur les pieds postérieurs, ce sont les onglons externes qui sont le plus touchés : on y trouve 65% des lésions.
Même si un peu plus de poids est porté par les antérieurs lorsqu’une vache se déplace, il est également réparti sur leurs deux onglons. Sur les postérieurs, l’onglon externe supporte nettement plus de poids, avec près de 80% sur l’onglon externe et 20% sur l’onglon externe. Au final, c’est cet onglon qui supporte le plus de poids lors de la marche et qui est donc plus sensible aux lésions de la corne. Pour les lésions de la peau, la conformation des pieds postérieurs pourrait les rendre plus sensibles aux lésions de la peau, mais rien n’est démontré.
Quelles sont les origines des lésions observées lors de boiteries ?
Anne Relun : L’origine de ces lésions est multifactorielle, avec des facteurs communs et d’autres plus spécifiques. L’environnement est un facteur prépondérant : confort des sols et du couchage, ventilation de la stabulation, qualité des accès aux pâtures…
Les lésions de la corne sont souvent liées à un excès de temps passé debout sur un sol dur, mais peuvent aussi être favorisées par un sol glissant, traumatisant ou à un chien qui pousse trop vite les vaches. Les lésions de la peau nécessitent une fragilisation de la peau, ce qui peut avoir lieu si les sols sont sales et humides ou traumatisants.
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