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Santé animale

Beaucoup moins de traitements intra-mammaires. Connaissez-vous les chiffres ?

La réduction de l’usage des médicaments antibiotiques est une réalité forte, dans les élevages français. Selon l’Anses : « moins 20 %, en bovin » , en 2023, comparé à 2011. Et, même, « moins 35 % » , pour les traitements intra-mammaires. Toutefois, une légère remontée est constatée. Comment l'expliquer ?
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  • Auteur : Marc JUAN
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« Entre 2011 et 2023, le nombre de traitements intramammaires, par vache laitière, a baissé de 17,6 % pour les traitements au tarissement et de 47,8 % pour les traitements en lactation » , selon l’Anses (1) , dans son communiqué du 18 novembre dernier (2) .
En valeur absolue, l’estimation est de « 50 traitements pour 100 vaches laitières en période de lactation et de 57 traitements pour 100 vaches au tarissement » . Globalement, « 1,07 traitement (3) par vache laitière » , en 2023, soit « une forte baisse : moins 35,1 %, par rapport à 2011 » .
Pour en savoir plus : « les aminoglycosides, polypeptides et tétracyclines » sont les familles les plus utilisées, en période de lactation, et, « dans une moindre mesure, les céphalosporines de 1 ère et 2 e générations et les pénicillines » .
Les familles les plus utilisées au tarissement sont « les céphalosporines de 1 ère et 2 e générations, pénicillines et aminoglycosides » .
D’autre part, selon les données déclarées : « seulement 1 vache laitière sur 1 000 aurait reçu un traitement à base de céphalosporines de 3 e et 4 e générations, en 2023 ; soit une baisse de 99,7 %, entre 2011 et 2023 » . Et, il faut s’en féliciter.
Rappelons que les céphalosporines de 3 e et 4 e générations, au même titre que les  fluoroquinolones, font parties des antibiotiques dits « critiques », car le maintien de leur efficacité est cruciale, pour la médecine humaine.

Dans le respect du plan Ecoantibio 3
Pour les bovins, veaux de boucherie inclus, la répartition du tonnage d’antibiotiques vendus, en 2023, est la suivante : « 57 % pour les injectables, 38 % pour les poudres et solutions orales, 5 % pour les intramammaires et intra-utérins et 0,5 % pour les médicaments topiques " .
Globalement, depuis 2011, année de référence du premier plan Ecoantibio, « de fortes baisses de l’exposition (4) aux antibiotiques » ont été enregistrées, pour les animaux producteurs de denrées : « plus de 50 % de réduction pour les porcs, les volailles et les lapins, et environ 20 % pour les bovins ».
Toutefois, en 2023, une légère augmentation (+6,5 %) a été constatée, pour l’ensemble des espèces productrices de denrées. « Cette augmentation est très modérée, mais elle appelle à une attention particulière, pour les années à venir » souligne l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire.
Dans le détail : + 6 % pour les bovins, + 8 % pour les porcs, + 10 % pour les lapins et + 16 % pour les volailles, en 2023 comparé à 2022.
« L’exposition, en 2023, est toutefois inférieure au niveau observé en 2021 : à 0,309, elle reste proche de la valeur de 0,3 fixée par le plan Ecoantibio 3, pour la période 2023-2028 ».

Pourquoi une légère hausse en 2023 ?
L’augmentation de l’exposition des bovins aux antibiotiques, sur un an, l’est principalement « pour les familles tétracyclines et macrolides » et pour « la voie parentérale » .
Selon l’Anses, cette hausse pourrait s’expliquer, en partie, par l’utilisation d’antibiotiques, « pour traiter les complications et infections secondaires, liées à la maladie hémorragique épizootique (MHE) » .
En 2023, l’exposition à la colistine augmente également, « atteignant un niveau proche de celui estimé pour l’année 2017 ». Cette évolution pourrait être en partie liée « à l’arrêt de fabrication de certains vaccins qui étaient utilisés, chez les vaches gestantes, pour induire une immunisation passive des veaux, contre les infections néonatales » .

Globalement, à l’échelle des différentes productions animales, « plusieurs hypothèses peuvent expliquer la hausse observée en 2023 » , selon l’agence. Outre " d'éventuels phénomènes sanitaires " ayant nécessité d’utiliser plus d’antibiotiques, à l’exemple de la MHE, il ne faut pas écarter non plus « une sous-estimation de l’exposition en 2022 » , due au déstockage de médicaments achetés les années précédentes...
« Il est possible aussi que le niveau d’exposition ait atteint un palier et que l’on observe désormais des fluctuations autour du seuil de 0,3. Cette hypothèse sera à confirmer en 2024 » . L’agence de sécurité sanitaire invite à maintenir l’attention .

Pour en savoir plus : (1) Anses : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail.
(2) "Suivi de l’antibiorésistance en santé animale et de la vente des antibiotiques à usage vétérinaire : bilan 2023", par l'Anses.

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