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Enquête

Quelle place accordée aux boiteries dans les ateliers JB ?

« Des boiteries ? De temps en temps, mais pas souvent ». Selon les intervenants en élevages, pour beaucoup d’éleveurs engraisseurs de jeunes bovins (JB), cette affection ne semble pas «  un véritable problème  » dans leur troupeau. Pourtant, les conseillers, chargés du suivi, estiment que cette problématique n’est pas assez prise en compte.
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  • Auteur : PLM
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Ceci est le principal constat d’une enquête récente, réalisée dans le cadre du projet FEEDLAME, auprès de 35 conseillers répartis sur toute la France. Ce travail et cet article ont été réalisés par des étudiants ingénieurs, spécialisés en sciences animales, de l’Institut Agro Rennes-Angers. Voici les principaux points à retenir :

Des animaux vifs, des difficultés de contention  

Le « lever de pied » , nécessaire au diagnostic de la cause de la boiterie, est assez répandu en élevage laitier, mais peu fréquent en élevage de JB. En cause : le manque de dispositifs de contention adaptés. Les interventions sont compliquées, « voire dangereuses, pour l’animal et/ou l’éleveur » . Et toutes les bonnes conditions sont rarement réunies, autant pour la prévention que la prise en charge. D’autant plus, que ces animaux (les JB) ont « très souvent un comportement vif et/ou violent, non adapté à cette pratique »

25 des conseillers observent « très peu, voire aucune, intervention de personnes spécialisées (pareurs bovins), alors qu’il y en aurait un réel intérêt ». Et, si un pédiluve bien utilisé et entretenu peut être une solution préventive intéressante, 30 conseillers constatent qu’elle « est peu ou pas déployée » car non adaptée à des bâtiments d’engraissement de JB.

L’attention porte d’abord sur les maladies respiratoires

Cela se complique aussi, compte-tenu « des maladies respiratoires » qui couvrent le reste des problèmes. 22 conseillers le soulignent : « dans les ateliers JB, les maladies respiratoires constituent le principal souci de santé. Il faut d’abord gérer ce problème, pour pouvoir ensuite aborder celui des boiteries » .

Autre difficulté : « le manque de connaissances, sur le sujet » . Par exemple, « quelles sont les causes de boiteries et les facteurs de risques ? » . De même, « quels conseils autour de la ration et du bâtiment, pour favoriser la prévention ? » Les techniciens s’interrogent, car leur rôle est avant tout de faire de la prévention, sur l’alimentation ou l’aménagement du bâtiment. Ils témoignent également de la difficulté, parfois, à employer les bons termes : « maladie, pathologie, trouble, symptôme... » .

Les données ne sont pas simples à collecter

Qu’en est-il de la fréquence des boiteries, dans ces ateliers de JB ? Les données ne sont pas simples à collecter, comme on l’a compris (absence d’interventions, de diagnostics ; difficulté sémantique). Et, les avis sont partagés. Certains conseillers évoquent un nombre de cas, « inférieurs à 10 % » , malgré tout, « dans un élevage sur deux » . Pour répondre plus précisément à cette question, les pieds de plus de 2000 JB ont été prélevés en abattoir et parés dans le cadre du projet FEEDLAME. Les résultats de ces prélèvements permettront d’avoir des premières références courant 2024.

« Le manque à gagner » n’en reste pas moins « la première conséquence » des boiteries en élevage (cité en premier par 21 conseillers), devant la détérioration de la santé et du bien-être des animaux (18 conseillers), le temps de travail (10 conseillers) et le moral des éleveurs (8 conseillers)…

La fin d’engraissement, « avec une densité accrue et des animaux plus lourds, dans les cases » , apparaît comme une période plus particulièrement à risque. « Les fins de croissance et les qualités de carcasse sont altérées » .

Titouan Josse, Valentine Landais et Constance Pourcelot

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