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Fourrages

Stomates, feuilles, tiges et cuticule : savez-vous comment ils conditionnent le foin ?

« Il existe trois phases de séchage », souligne Anthony Uijttewaal, chez Arvalis. Trois phases, intimement liées à l’anatomie de la plante. Bien les connaître, permet d’en tirer profit. Voici ses conseils.
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L’objectif du séchage est d’atteindre, en un minimum de temps, la teneur en matière sèche (MS) requise : 35 % pour l’ensilage de graminées, 45 % pour l’ensilage de légumineuses, 60 % pour de l’enrubannage et 85 % pour du foin. Minimiser le temps de séchage permet de limiter les pertes issues de la respiration du fourrage qui dégrade sa valeur alimentaire. D’un autre côté, le risque de pertes mécaniques (feuilles brisées) s’accroît avec l’augmentation de la teneur en MS du fourrage... Selon le rendement et les conditions météorologiques, il faut entre 1 et 3 jours de séchage au champ pour de l’ensilage, 2 à 4 jours pour de l’enrubannage, et 3 à 6 jours pour du foin. Il existe bien sûr des différences importantes de temps de séchage, entre une légumineuse, une fétuque élevée ou un ray-grass d’Italie.

De façon schématique, la dynamique de séchage d'un fourrage se décompose en trois phases. Après la fauche, les fourrages perdent rapidement une partie de l’eau contenue dans les feuilles. Les jours passant, l’évaporation de l’eau est de plus en plus lente...

Une première phase de séchage rapide après la fauche

Faucher le fourrage, dès la disparition de la rosée, permet de profiter d’une exposition maximale aux rayons du soleil, dès le premier jour. Cette première phase de séchage permet de passer de 20 % de MS environ, lors de la fauche, à 45-50 % MS. La perte d’eau est très rapide et se fait essentiellement via les stomates des feuilles encore ouverts. Ces stomates sont les organes où s’effectuent les échanges gazeux avec l’atmosphère. Parmi ces gaz, on retrouve la vapeur d’eau.

Pour tirer profit au maximum de cette phase rapide, il importe de répartir le fourrage sur une surface importante. Pour ce faire, il est préférable de s’orienter vers des faucheuses rotatives classiques à plat ou conditionneuses munies de système d’éparpillement large.

En cas d’utilisation de faucheuses conditionneuses laissant un andain étroit, le fanage sitôt après la fauche permettra de maximiser la surface d’exposition. Le fanage peut s’avérer inutile, en cas de rendements faibles et avec des conditions de séchage excellentes, même en foin. Dans les autres situations, le fanage doit intervenir, dès lors qu’il existe une différence notable de teneur en MS entre le haut de la couche de fourrage et celui proche du sol. Son rôle est d’accélérer et d’homogénéiser la teneur en MS du fourrage.

Deuxième phase de séchage : la perte d'eau des tiges est plus lente

Le séchage ralentit durant la deuxième phase de séchage (45-50 % jusqu’à 65-70 % de MS). Les stomates des feuilles sont fermés ; l’eau doit alors traverser la cuticule cireuse pour s’évaporer. L’eau, contenue dans les tiges, est également difficile à évacuer, car elle doit traverser des tissus épais.

C’est à partir de 40-45 % MS que l’effet positif du conditionnement (rouleaux ou fléaux) s’exerce. En ayant plié, écrasé, frotté les tiges, le conditionnement facilite l’évacuation de l’eau. En fin de la deuxième phase, l’aération du fourrage permet de faire circuler l’air et accélère le séchage.

En séchant plus vite que les tiges, les feuilles de légumineuses deviennent cassantes. Il est alors primordial de positionner les interventions mécaniques (fanage, andainage), lors de période de ré-humification par la rosée (matin ou soir).

Troisième phase de séchage : veiller à bien aérer les andains

La vitesse de dessiccation lors de la troisième phase (70 % à 85 % de MS) est la plus lente et dépend de l’aération de l’andain ainsi que de l’éventuel conditionnement lors de la fauche. L’eau sort essentiellement par les tiges. L’eau résiduelle est retenue dans la plante par des forces dites hygroscopiques. Par ailleurs, lorsque le sol est humide, il peut ré humidifier le fourrage par le dessous.

En ayant respecté une hauteur de fauche d’au-moins 6-7 cm, l’andainage permet alors de regrouper le fourrage pour l’aérer et l’isoler du sol.

Si les conditions de séchage sont peu favorables, privilégier « le pré-andainage », en constituant d’abord les petits andains et en les regroupant, au dernier moment, avant le pressage.

D’après le site d’Arvalis. Article original paru sous le titre : « Graminées et légumineuses fourragères : comprendre la cinétique de séchage du fourrage au champ »

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