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Dernière étude

Génisse en gestation : une mammite peut compromettre toute sa carrière

Elles n’ont pas encore vêlé, et pourtant leur carrière laitière peut déjà être compromise. Une récente étude de l’Université de l’Ohio, publiée dans le Journal of Dairy Science, montre que les infections intramammaires (IMI) contractées par les génisses en fin de gestation perturbent le développement de la glande mammaire et réduisent leur potentiel de production future.
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  • Auteur : Marie Defruit
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Des infections mammaires possibles, dès 6 mois, chez les génisses, PLM relayait déjà une étude américaine sur le sujet, en mai dernier. Cependant, l’effet des IMI, sur le développement mammaire pendant la gestation des génisses, était encore incertain jusqu’à la sortie récente de cette étude menée par M.X.S. Oliveira et son équipe.

Une mamelle qui peut déjà être infectée, même sans production laitière

Dans cette étude*, des quartiers de génisses, à plusieurs stades de lactation, ont été infectés par Staphylococcus aureus. L’analyse, 21 jours après inoculation, des sécrétions mammaires et des prélèvements de tissus, a confirmé une présence accrue de cellules somatiques et une infiltration importante de cellules immunitaires dans le tissu à l'origine de la production laitière.

Une réduction de 50 % des tissus sécréteurs de lait, en fin de gestation

Le développement des glandes mammaires des génisses gestantes non infectées a suivi le schéma de croissance attendu, avec « une expansion du tissu lobulaire (directement impliquée dans la production laitière) et une réduction concomitante des compartiments adipeux et stromaux (tissus “support” de la glande mammaire) à mesure que la gestation avançait ». En revanche, dans le cas des génisses infectées, l’IMI a altéré des aspects spécifiques de cette croissance, « en particulier dans les structures épithéliales et luminales », responsables de la production laitière. Une réduction marquée de 50 % des tissus sécréteurs de lait est ainsi observée, immédiatement après la mise bas. « Des scores de sécrétion luminale plus faibles suggèrent que le tissu des glandes mammaires atteintes d’infections intramammaires pourrait ne pas avoir atteint sa pleine maturité par rapport à leurs homologues non infectées ».

Pour en savoir plus : *Impact of intramammary infections on mammary gland development in pregnant dairy heifers during late gestation, M.X.S. Oliveira, C.S. Gammariello, P.H. Baker, K.M. Enger, S.K. Jacobi,B.D. Enger, publié le 3 septembre 2025 dans le Journal of Dairy Science.

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