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Stress thermique : quand est-ce que la fertilité des vaches commence à chuter ?

Une étude canadienne menée sur plus de deux millions de données de reproduction apporte un éclairage précis : au-delà d'un certain niveau de chaleur et d'humidité, la fertilité des vaches laitières se dégrade nettement. Les résultats permettent d'identifier un seuil critique et de mieux comprendre les périodes les plus sensibles autour de l'insémination.
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  • Auteur : Marie Defruit
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L'effet du stress thermique est bien connu : lorsque les températures montent, les performances de reproduction ont tendance à se dégrader. Mais à partir de quel niveau de chaleur l'effet devient-il réellement significatif ? Une étude canadienne publiée dans le Journal of Dairy Science apporte des éléments de réponse.

Les chercheurs ont analysé plus de deux millions d'enregistrements de reproduction de vaches Holstein afin d'étudier l'effet du stress thermique sur l'intervalle entre la première insémination et l'IA fécondante. Pour mesurer la contrainte climatique, ils ont utilisé l'indice THI (Temperature Humidity Index), qui combine température et humidité pour refléter la charge thermique réellement subie par les animaux.

Des premiers signes à partir de 66 de THI

Premier enseignement : la fertilité commence à être significativement affectée lorsque le THI atteint environ 66. Au-delà de ce seuil, le délai entre la première insémination et l'IA fécondante s'allonge progressivement. Autrement dit, les chances de réussite à l'insémination diminuent et les vaches mettent plus de temps à devenir gestantes.

Attention au stress thermique au moment des IA

Les chercheurs montrent également que la période la plus critique se situe autour de l'insémination, en particulier entre trois jours avant et deux jours après celle-ci. C'est à ce moment que se jouent des étapes clés du processus reproductif, comme la maturation du follicule, la fécondation et les tout premiers stades du développement embryonnaire. Une exposition à la chaleur durant cette fenêtre peut donc compromettre les chances de gestation.

Des seuils de tolérance qui varient selon la méthode

L'étude s'est aussi intéressée aux méthodes d'insémination. Les résultats suggèrent que les vaches inséminées dans le cadre de protocoles d'insémination programmée peuvent être plus sensibles au stress thermique, avec un effet qui apparaît à des niveaux de THI = 64, donc légèrement plus faibles. À l'inverse, lorsque les chaleurs sont détectées naturellement, l'effet du stress thermique semble apparaître plus tard, avec un seuil de THI = 72,8, mais peut devenir plus marqué lorsque les conditions de chaleur sont très élevées.

Pour les éleveurs, ces résultats rappellent l'importance des mesures de gestion pendant les périodes chaudes : ventilation efficace des bâtiments, accès à l'ombre, systèmes de refroidissement ou encore adaptation des stratégies de reproduction. Avec la multiplication des épisodes de chaleur en Europe, la maîtrise du stress thermique devient en effet un levier de plus en plus stratégique pour préserver la fertilité des troupeaux.

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