Parcelles de maïs versées. Faut-il récolter aussitôt ?
Comment faut-il aborder la récolte de parcelles ayant subi la verse, en particulier si elles ne sont pas encore arrivées à maturité ? Silvère Gelineau, ingénieur Arvalis, adapte le conseil à l’état de la parcelle. Explications.
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Auteur : BC
« Dans le cas de plants déracinés, sectionnés ou fortement plaqués au sol, à moins de 15 cm de hauteur » , Silvère Gelineau conseille de déclencher la récolte dès que possible, quelque-soit le stade de maturité. « Leur qualité risque de se détériorer rapidement », explique l’ingénieur d’Arvalis. « L’activité photosynthétique sera fortement réduite, tout comme l’alimentation hydrique et le transfert de sucres vers le grain. Il n’y aura plus de progression de rendement, ni de maturité ». « En revanche, si les pieds sont seulement pliés et restent à plus de 15-20 cm du sol », la récolte est moins urgente, estime Silvère Gelineau. « Le fourrage bénéficie encore d’une aération minimale et continue d’être alimenté par les racines ».
Le challenge sera ensuite de récolter les fourrages en limitant au maximum les contaminations par de la terre pour limiter le développement de butyrique au silo. « Si possible, ensiler par une belle journée » et « le redresser pour arriver à le couper à la base sans l’arracher du sol ».
Au silo, tamponner l’humidité et faire baisser le pH « Sans action spécifique, un maïs récolté à 25 % de MS génèrera des écoulements de jus non contrôlés au silo » , rappelle l’ingénieur. Il conseille de regrouper ces parcelles avec d’autres déjà mûres afin de les placer en fond de silo pour capter les écoulements de jus. « Si cela n'est pas possible, on pourra réétaler un fourrage plus sec du printemps en fond de silo ». « Dans les cas plus humides, et d’autant plus s’il y a eu des contaminations par de la terre, les risques de développement de butyrique seront accrus » , complète l’ingénieur d’Arvalis. « On cherchera alors à stabiliser rapidement le silo » , avec l’ajout d’un acide organique, ou à orienter rapidement les fermentations avec l’ajout de bactéries homofermentaires. « Plus le pH du silo s’abaissera rapidement, moins les bactéries butyriques pourront se développer ».
Et d’ajouter que les risques d’échauffement à l’ouverture de ces silos pourraient également être élevés. « On privilégiera autant que possible une ouverture en saison fraîche de ces silos et/ou un avancement rapide (> 20 cm par jour). Dans le cas où ces conditions ne pourraient être respectées, un conservateur mixte de bactéries homofermentaires et hétérofermentaires pourrait accélérer la stabilisation du silo tout en améliorant la stabilité à l’ouverture ».
Pour en savoir plus, notamment sur les méthodes de récolte des parcelles versées, lire l’article intégral de Silvère Gelineau, sur le site d’Arvalis en cliquant ICI.