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La collecte laitière française s'améliore, en particulier dans l’Ouest

Après plusieurs mois de repli, l’Idele annonce l’amorce d’un redressement de la collecte laitière notamment dans l’Ouest, dans un contexte de conjoncture favorable, « entre demande intérieure soutenue, fermeté du marché du beurre et bonne tenue du prix du lait ». Mais des disparités régionales persistent, souligne l’institut dans sa Tendance Lait de mai 2025.
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  • Auteur : Béatrice COLLEU
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« La demande intérieure reste dynamique, le marché du beurre solide et le prix du lait bien orienté. Mais les écarts entre régions demeurent marqués sous l’effet des contraintes sanitaires » , souligne L’Idele.  
En mars 2025, la collecte laitière française a reculé de 1,4% /mars 2024, sur la même tendance baissière amorcée depuis décembre. « Toutefois, d’après les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer, un redressement serait en cours au mois d’avril (+1,5% /2024) ». Le printemps favorable expliquerait cette inversion de tendance.

Mise à l’herbe dans de bonnes conditions
L’herbe pâturée, de bonne qualité nutritionnelle, et des ensilages d’herbe réalisés avec de bons taux de matières azotées totales (MAT), devraient être « favorables à l’équilibre des rations dans les semaines à venir », souligne l’Idele. Des conditions qui ont permis de relancer la dynamique de collecte dans l’Ouest du pays. 

Ainsi, en mars, les volumes ont progressé de 0,6% /2024 en Bretagne, de 0,4% en Normandie, de 4,1% en Occitanie d’après les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer. La région Auvergne-Rhône-Alpes connaît également une hausse, avec +0,8 %. La tendance se confirme sur les deux premières semaines de mai, avec des hausses notables : +2,1% en Bretagne, +5,3% en Normandie, +5,2% en Occitanie et +4,4 % en Auvergne-Rhône-Alpes. Dans le Sud-Ouest, les précipitations tant attendues ont favorisé une bonne pousse de l’herbe, permettant un redressement de la production. 

Par contre, les régions du Nord et de l’Est demeurent toujours fortement affectées par les conséquences sanitaires de la fièvre catarrhale ovine (FCO). La Bourgogne-Franche-Comté (BFC) et le Grand Est ont enregistré ainsi six mois consécutifs de baisse de collecte, avec des reculs toujours très marqués en mars : -8,5% /2024 en BFC et -6,9% en Grand Est.

Bonne tenue du prix du lait
En France, le prix du lait reste à un niveau soutenu. Pour un lait standard (38 g/l de TB et 32 g/l de TP), le prix a atteint 484 €/1 000 litres en mars 2025, toujours porté par la fermeté du marché du beurre et par une progression de la consommation de produits laitiers par les ménages.

Ce niveau de prix devrait se maintenir dans les mois à venir, malgré un léger repli attendu en lien avec le pic saisonnier de collecte. La conjoncture reste favorable, soutenue par une offre européenne de lait sous tension, un marché du beurre toujours dynamique, et une demande domestique bien orientée. Néanmoins, cette situation est contrainte par des négociations commerciales tendues avec la grande distribution.

Prix des aliments en baisse
Sur un an, le recul est très marqué pour le poste aliment acheté (-4,1% /2024) et l’énergie (-14,5%). En revanche, le poste engrais a enregistré une hausse (+4,9%). La plupart des autres charges incluses dans l’IPAMPA sont en augmentation, à l’exception du matériel. Par ailleurs, certaines charges non couvertes par l’IPAMPA, telles que les travaux réalisés par des tiers ou encore le coût de la main-d’œuvre, continuent de progresser.
De fait, les charges en élevages, d’après l’IPAMPA lait de vache (qui représente 50% des coûts de production) ont légèrement reculé en mars 2025 d’un mois sur l’autre (-0,3%) et ont diminué de 2,3% /mars 2024.

Sur les marchés internationaux, la baisse des prix aux États-Unis, combinée à un dollar affaibli, renforce l’attractivité du beurre américain. Résultat : les exportations repartent nettement à la hausse, tandis que celles de l’UE reculent, faute de disponibilités.

 

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